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Toi aussi deviens journaliste à France Télévision – Part 4

10 Août

Normalement, avec tous les conseils donnés, tu devrais pouvoir gérer une émission de main de maitre. Mais attention, malgré ta concentration, une erreur peut vite arriver malheureusement.

 

Unit 4 : les erreurs à éviter

 

Lesson 1 : être pro.

Alors là c’est la grosse honte. Tu es discret, tu fais preuve de gentillesse et d’humilité et tout ce qui t’intéresse est de faire ton job correctement. Pfff, n’importe quoi.

Là, tu peux regarder faire Laurent Luyat, mais juste comme objet d’étude de bourdes à ne pas commettre. Ne prends surtout pas exemple sur lui ! D’ailleurs, s’il a été refourgué en soirée et nuit, c’est qu’il doit bien y avoir une raison…

De même, tu peux analyser Lionel Chamoulaud qui, malgré une ou deux incartades vers le droit chemin, s’obstine à travailler sérieusement.

 

Lesson 2 : entoure toi de consultants sympas.

Là c’est un peu l’erreur ultime. La prison sans passer par la case départ tu vois. Non mais il faut dire les choses, ils sont ultra pénibles à parler de leur sport avec passion et émotion. En plus, ils ont toujours une ou deux anecdotes sur les athlètes qu’ils connaissent personnellement, ils apprennent aux téléspectateurs des points de tactique ou de règlement sans les prendre pour des demeurés, et il vivent les épreuves comme si leur vie en dépendait.

Fait gaffe, on pourrait les aimer plus que toi.

 

Voilà, tu connais maintenant les points important à savoir sur ce beau métier.

Grâce à moi, tu vas pouvoir faire une belle carrière. Plus tard, je te regarderai, émue et fière en disant que tu es mon poulain et que je t’ai tout appris.

Toi tu seras trop occupé à marcher sur la gueule des autres pour penser à me remercier.

C’est beau non ?

 

Toi aussi deviens journaliste à France Télévision – Part 3

9 Août

Ça y est, tu sais gérer les commentaires et le direct. C’est bien, mais ça fait pas tout. Une émission, tu le sais pas forcément, mais il y a tout un travail de préparation. Et puis tu n’es pas tout seul à la faire, tu es entouré de toute une équipe, la régie.

 

Unit 3 : une organisation sans faille

 

Lesson 1 : arrive en touriste.

T’es journaliste en plateau maintenant, alors c’est un peu comme si t’étais un people tu vois. Ce que veut dire que tu as autre chose à faire que de préparer ton émission. Tu t’appuies donc sur des fiches demandées à un stagiaire que tu martyrises et qui se venge en écrivant n’importe quoi dessus. Tu peux également augmenter la difficulté en les mélangeant, c’est très efficace.

Enfin, comme tu le sais maintenant, quand t’es à l’antenne, c’est pour raconter ta vie, rien d’autre. Alors je gaspille pas ce précieux temps en donnant le programme de la journée, et encore moins les horaires des différentes compétitions. Ça n’intéresse personne.

 

Lesson 2 : entoure toi d’une équipe (in)compétente.

Un journaliste digne de ce nom (toi en l’occurrence) se doit de s’appuyer sur une équipe de gros bras (cassés). Sans la régie, tu n’es rien.

Tu peux compter sur eux pour lancer des sports une minute environ avant la coupure pub, ce qui te permettra d’affirmer ton autorité auprès des journalistes de terrain. N’hésite surtout pas à leur couper la parole, à leur promettre de revenir de suite et à les oublier dans la seconde. De toute façon, ce que disent les commentateurs ou les consultants, tu t’en fous. C’est souvent un sport de merde en plus, ça n’a absolument aucun intérêt.

Ce qui est bien, c’est que ça marche aussi quand il faut changer de chaine entre France 2 et France 3, ou inversement. Une vieille légende urbaine dit que si en plus tu arrives à interrompre pendant une course ou un combat, tu seras élevé au rang de dieu dans ton équipe de rédaction, et qu’un autel sera dédié à ta gloire.

 

Lesson 3 : fait des plans de merde.

Sur un temps d’antenne aussi long, tu dois faire attention à ne pas perdre de téléspectateur. Déjà quel e son de ta voix est assez soporifique, il ne faut pas qu’il pique du nez devant une image figée. Pour cela, il est vivement conseillé pendant une épreuve d’insérer à l’écran une image de la ville à la place. C’est un peu le double effet kiss kool, le téléspectateur est content d’être tenu éveillé et en plus, il découvre pour la 125ème fois de la journée le même plan d’une rue ou du fleuve.

 

Stay tuned…

 

Toi aussi deviens journaliste à France Télévision – Part 2

7 Août

Grâce aux précieux conseils donnés hier, tu brilles maintenant lors de tes commentaires sportifs et/ou interviews d’athlètes. Cette aisance dans la médiocrité t’a permis de te faire remarquer de tes patrons, qui te confient alors les rênes d’une émission en plateau. Ouais, ça y est, c’est toi le boss. Mais attention, cet exercice peut être périlleux, c’est pourquoi je t’offre ici quelques trucs et astuces pour exceller dans ce nouveau métier.

 

 

Unit 2 : le présentateur en plateau

 

Lesson 1 : monopolise au maximum l’attention.

Et oui, maintenant que tu es présentateur, tu dois naviguer entre plusieurs épreuves différentes, et ta présence effective à l’antenne est en réalité très réduite. Tu n’es là que pour passer le relais aux commentateurs sur le terrains (ou lancer des magnétos), il te faut donc marquer les esprits autant que faire se peut. Pour cela, il existe plusieurs techniques, qui peuvent bien évidemment être cumulées (c’est même recommandé).

 

raconte ta vie

Mais attention, pas tes souvenirs d’enfance ou un épisode malheureux, non. Plutôt un évènement particulier qui rendra jaloux les téléspectateurs. Même si tout le monde est au courant depuis des mois (années) de l’info que tu donnes, présente là comme si c’était une exclusivité, histoire de te faire mousser encore plus. Tu peux enfoncer le clou en répétant l’anecdote plusieurs fois afin que ceux qui l’avaient raté la première fois puissent l’entendre.

Inspire toi ici de Gérard Holtz qui annonce « en toute modestie, j’ai eu la chance de diner avec Roger Federer, et la médaille olympique est son objectif ultime ». Tu noteras la performance de faire passer un double message, faire croire qu’il était seul au diner avec Roger (genre ils sont potes), et que Roger lui a fait des confidences sur sa carrière.

De même, comme Gégé encore une fois, tu peux reprendre un collègue sur un nom d’un athlète étranger et lui faire une leçon de prononciation, « parce que tu as la chance de connaitre quelques mots de suédois ».

 

– fait des blagues pas drôle.

On a dit, tu dois marquer les esprits, et pour ça, rien de tel qu’une bonne blague au moment (in)opportun.

Là encore, prend Gégé en modèle, et profite d’être à l’étranger pour parler avec l’accent local. Si en plus le pays hôte a des us et coutumes internationalement connus, saisis l’occasion pour te foutre de leur gueule les imiter.

Tu peux également faire comme Gégé, oui toujours lui (c’est ça l’expérience !), et mettre à profit l’immense bibliothèque musicale mondiale pour chanter la chanson correspondante au prénom de l’athlète dont tu parles.

 

– donne ton avis personnel.

Parce que le journalisme objectif n’est qu »une légende urbaine pour faire peur aux petits enfants, n’hésite surtout pas à donner ton opinion personnelle, surtout si personne ne te la demande. Profite du peu de temps d’antenne qu’on t’accorde pour militer pour des causes qui te tiennent à cœur.

Une dernière fois, copie Gégé qui dit et répète que le judo devrait être enseigné à l’école, afin d’apprendre les valeurs de respect de soi et de l’adversaire. Parce que c’est bien connu que les sports de l’éducation nationale tels que le hand, le basket, l’athlétisme et autres ne nous apprennent qu’à cracher à la gueule de l’autre et à insulter l’arbitre.

 

Lesson 2 : soit de mauvaise foi.

Dans ta carrière, tu rencontreras surement des minis conflits entre journalistes sportifs et athlètes. Ne te remet surtout pas en cause, et soutient tes collègues. Toi tu le sais, tu es professionnel (et tes collègues aussi bien entendu), ce sont les sportifs qui sont cons. Si l’interview est mauvaise, ça ne peut venir que d’eux. S’ils étaient intelligents, 1/ ça se sauraient et 2/ ils feraient un métier où ils utiliseraient non pas leurs mains et/ou leurs pieds mais leur cerveau.

Dans ce cas, tu peux faire comme Lionel Chamoulaud qui revient sur l’interview ratée entre son collègue et les handballeurs après leur match perdu contre l’Islande, et qui incrimine (ces gros cons) de sportifs. Il est évident que le problème ne vient absolument pas des questions merdiques du journaliste, mais de la mauvaise humeur inexpliquée de Nikola Karabatic ou Claude Onesta. (là, tu remarqueras qu’ils n’y mettent vraiment pas du leur, puisqu’étant des hommes, on peut même pas faire une petite blague machiste et inappropriée en disant qu’ils devaient avoir leurs règles).

 

 

Stay tuned…

 

Toi aussi deviens journaliste à France Télévision – Part 1

6 Août

Bon, je dis France télévision, mais je suis sûre que ça marche avec d’autres chaines. C’est juste qu’en ce moment, comme je te l’ai dit (et répété), ce sont les jo, tout ça, et je regarde beaucoup trop. Et donc passer tout ce temps devant la tévé m’a permis d’analyser les prestations des journalistes de France Télévision, ce qui m’autorise maintenant te donner quelques conseils et astuces afin que tu puisses si tu le souhaites, acquérir aisément ta carte de presse.

 

Unit 1 : les commentaires des épreuves et les interviews

 

Lesson 1 : extrapole au maximum les ressentis des athlètes.

Le but étant d’émouvoir au maximum les ménagères de moins de 50 ans. Pour cela, n’hésite pas à tomber dans le pathos en évoquant la famille, surtout si un des membres est décédé (récemment c’est encore mieux).

Prends donc exemple sur Nelson Monfort, qui interview Ophélie-Cyrielle et lui parle de sa mère décédée. Après avoir été doublement félicité par la Fédération de natation et le président de FT, il recommence deux jours plus tard avec Florent Manaudou en mentionnant Fred Bousquet.

De même, tu peux imiter Arnaud Roméra commentant le judo et le combat d’Anne-Sophie Mondière. Tu peux l’encourager en lui suggérant de se battre pour son fils. Par contre, faut espérer que l’athlète que tu supportes aime plus son enfant qu’Anne-Sophie, parce qu’elle, elle a perdu.

 

Lesson 2 : oriente à fond les questions que tu poses aux sportifs.

Il y a ici deux possibilités. La première, le sportif est un peu con, et ne sait pas quoi dire. Donc avec une question où il n’a plus qu’à dire oui, ça évite des grands blancs à l’antenne (pire encore si c’est du direct).

La deuxième, le sportif est intelligent, et il développe un peu trop sa réponse. Et là, il prend tout le temps d’antenne. Ce qui est inacceptable puisqu’il te vole la vedette (cf part 2).

Et puis surtout, navigue uniquement entre les extrêmes. C’est soit « le match référence », soit un désastre interplanétaire. Jamais un match moyen, les gens ne veulent pas de matchs moyens. Ils veulent de l’exceptionnel. Dans un sens ou dans l’autre, on s’en fout, mais du sensationnel.

Là,, tu peux prendre exemple sur à peu près n’importe qui qui demande « alors, c’était le match catastrophe ? », « je suppose que vous êtes déçu d’avoir perdu ? » et autres « ça doit être le plus beau jour de votre vie ? ».

 

Lesson 3 : ne respecte en aucun cas les athlètes.

Quand tu les interviewes, pose des questions à rallonge, qui perdent le sportif tout autant que les téléspectateurs. De toute façon, le but étant d’entendre le son de ta propre voix, pas la réponse du sportif, ne te gêne pas pour lui couper la parole. Alors si en plus tu traduis, c’est le summum, tu peux également avoir une traduction totalement approximative.

Tu peux également l’ignorer et te foutre de ce qu’il est en train de dire si une plus grande star passe à proximité. Parce que le français perdant ou le deuxième c’est bien, mais là encore, les gens préfèrent les winners.

 

Lesson 4

: meuble comme tu peux.

C’est bien connu, les sportifs peuvent aussi être de gros boulets qui font mal leur job, ce qui veut dire que parfois, il n’y a rien à commenter. Mais ce n’est pas une raison pour que tu laisses de grands blancs à l’antenne, il ne faudrait pas que les téléspectateurs se barrent. Tu enchaineras donc platitudes et lapalissades, par exemple en répétant régulièrement qu’il ne va pas tarder à se passer quelque chose, tu le sens. Note bien que ça veut tout et rien dire, et ça peut s’appliquer aux deux équipes.

Tu peux également faire comme ce journaliste qui commentait le marathon dame lors des jo, en précisant que « c’est un des marathons les plus longs du monde ».

Au pire, si tu as épuisé tout ton stocks de petites phrases, n’hésite surtout pas à faire un commentaire sur le physique des athlètes, c’est toujours efficace. Ça marche aussi avec les coupes de cheveux, tes tatouages ou les tenues. Tu peux éventuellement ajouter des détails de la vie perso, c’est bon pour l’audience.

 

Stay tuned…