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Les princesses et le connard

9 Oct

Une fois n’est pas coutume, je vais te raconter une histoire qui est arrivée à une de mes copines.

Déjà, je te parle un peu de ma copine. Tu vois Charlotte York dans Sex and the City ? ben ma copine c’est pareil. Pas physiquement, mais sinon tout le reste, la même chose. Très romantique, toute douce et gentille (mais dans le bon sens du terme), qui cherche son prince charmant.

Sauf que Charlotte, elle est un peu comme moi, elle galère pas mal niveau mec.

 

Elle en avait rencontré un il n’y a pas longtemps. Ils se sont vus plusieurs fois, on fait des balades, un pique-nique, tout se passait bien.

Elle trouvait quand même qu’il s’emballait un peu trop. Au bout de 10 jours, il parlait de partir en weekend, la couvrait de compliments… elle trouvait ça un peu rapide mais bon…

Et puis finalement, il lui a expliqué qu’il ne savait pas trop où il en était, qu’il avait beaucoup souffert de sa précédente relation, bla bla bla.

ils ont gardé contact, mais il a commencé à lui faire des faux plans.

 

Un soir où on sort toutes les 2, il doit venir nous rejoindre pour qu’ils puissent discuter.

Il arrive avec un pote (aka le mec le plus relou que j’ai jamais rencontré) et ils s’installent. Il annonce qu’il va se chercher à boire, et là je te retranscris la conversation.

Charlotte, en souriant : « tu m’offres un verre ? »

Rencard de Charlotte, qui se braque : « ah ben voilà, toutes les mêmes, tout ce qui vous intéresse c’est le pognon !! »

Charlotte, en rigolant : « non mais c’est parce qu’on est des princesses »

Le rencard, de plus en plus énervé : « non mais n’importe quoi, les princesses ça n’existe pas. vous vous bercez d’illusions, c’est ridicule »

Charlotte, toute gênée : « … »

Le rencard, qui se retourne vers moi : « non mais les princesses n’existent pas, les princes encore moins. Vous êtes bêtes si vous y croyez »

Moi, zéro patiente : « que les princes n’existent pas, on est d’accord. Par contre les princesses existent puisqu’on en est. »

Là, vexé que j’ai osé lui répondre, il se lève et il va chercher à boire.

Bon déjà, je t’annonce qu’il a un peu jeté un froid. Avec Charlotte on se regarde, on ne comprend pas bien pourquoi il s’est énervé comme ça. C’était une blague innocente, pas besoin de prendre autant la mouche.

 

Bon en fait, il doit être plus fâché que prévu puisqu’il s’installe au comptoir.

Finalement, au bout de 15-20 min, il revient vers nous, et reprend.

Le rencard chiant :  » non mais c’est n’importe quoi de croire aux princesses à votre âge. Faut grandir un peu. »

Moi : « non mais t’es toujours là-dessus ? c’est bon, passe à autre chose. »

Le rencard qui insiste : « regarde. Toi t’es célibataire ! pourquoi ? »

Moi : « parce que j’ai pas rencontré le bon, et que je préfère être toute seule qu’avec un con. »

Là il m’explique que jamais je rencontrerais le bon, que si je regarde autour de moi, tous les trentenaires sont seuls ou alors en couple et malheureux. Que de toute façon, le couple n’existe plus, que tout le monde trompe tout le monde et qu’il n’y a plus de valeur. Que lui préfère être un homme libre et qu’il est parfaitement heureux comme ça.

Ce à quoi je lui ai répondu que tout ce qu’il disait était de la merde, que c’était de la mauvaise foi parce que je connais des couples de trentenaires heureux, tout comme je connaissais des cinquantenaires seuls. Que c’était juste un faux prétexte pour pas avoir à s’engager.

Alors tu le croiras ou pas, mais il s’est encore vexé, et il est reparti.

 

Sauf que le lendemain, il a renvoyé des messages à ma copine, pour en rajouter une couche. Qu’elle était comme toutes les autres, vénale, qu’elle avait plus intérêt à lui demander quoi que ce soit sinon la prochaine fois il lui en mettrait plein la gueule.

Je peux te dire que Charlotte, elle en menait pas large.

 

Alors oui, je sais, on n’est pas réellement des princesses.

Mais on n’est pas non plus des grosses merdes, et c’est pas une raison pour être méchant gratuitement.

Le baratin « oui mais j’ai eu une expérience malheureuse », ça suffit pas. à notre âge, on en a tous connu. Il faut savoir faire la part des choses. Oui comme beaucoup, j’ai rencontré mon lot de tocards. Tout comme j’ai rencontré des mecs biens. C’est pour ça que je les mets pas tous dans le même panier.

Tout comme je crois qu’il y a encore des gens de valeur, avec des valeurs.

Sinon on n’a qu’à tous se tirer une balle, ça sera plus simple.

 

1 an de réflexion

10 Sep

Un vendredi soir de cet été, 23h30 et des poussières. (même que c’était le lendemain du merveilleux déjeuner avec mon père. Ironie quand tu nous tiens…)

Je reçois un texto d’un numéro inconnu : « je suis au Connemara*, et ça me fait penser à toi. Te souviens tu de moi ? Barnabé « 

(* les noms ont été changés bien sûr)

Alors c’est simple, le Connemara, je n’y vais qu’avec mon cousin, et à ce que je sache il ne s’appelle pas Barnabé.

Et tout à coup, un flash. Mais oui, Barnabé !! un mec que j’avais rencontré un soir et avec qui j’avais parlé. Je me rappelle que je l’avais trouvé charmant, et que j’avais été triste qu’il m’appelle jamais. Mais c’était il y a des mois. En fait, c’était même à Pâques l’année dernière !!

Et bien il en aura mis du temps !!

 

Donc on s’envoie 3-4 textos et puis silence radio jusqu’au samedi suivant.

Ça m’énerve un peu, je me dis qu’il a pas l’air de savoir ce qu’il veut, donc je ne réponds pas.

Et bien monsieur me renvoie un message dans la nuit, me disant qu’il « m’accorde 24h de plus pour répondre ».

WTF ?!?!? non mais je rêve là !!! le mec met plus d’un an à me contacter, et moi j’ai droit à 24h ? grand seigneur !!

Tu te doutes que je me suis pas gênée pour lui dire le fond de ma pensée, et plus encore !

J’avoue que je ne m’y attendais pas, mais il est revenu tout penaud, présentant ses plus plates excuses.

A partir de là, on a commencé à discuter, pendant une dizaine de jours environ.

 

Et puis le mardi c’est la rencontre. Enfin ! oserais-je dire.

On avait un peu peur de ne pas se reconnaitre, parce que ça faisait super longtemps quand même, mais on a réussi. En fait, je ne me rappelais pas trop de sa tête, mais il est vraiment super mignon (J’avais eu raison de le draguer l’année précédente). Et puis j’ai été maligne, j’ai donné rdv dans un salon de thé, et les mecs tous seuls à une table, y en a pas des millions.

Et là, on passe un super après midi ! On discute, on rigole beaucoup, on ne voit pas le temps passer.

On décide de se revoir le lendemain. Et là pareil, on continue à faire connaissance, et surtout on se vanne énormément. Franchement, la soirée est vraiment géniale. Y a même des bisous, et même là, c’est top !

On se revoit encore le jour suivant, il est toujours aussi charmant. Il passe son temps à me complimenter, à être tout mignon, ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, je craque.

On prévoit de se revoir encore le vendredi. Finalement, il annule, il a d’autres obligations il ne peut pas venir. Bon c’est pas très grave, on va pas être collé 24/24 non plus.

Le samedi pas de nouvelles, et je sais pas pourquoi, je le sens mal. Après lui avoir envoyé 2-3 messages, il me répond que finalement il s’est rendu compte qu’on n’a pas les mêmes attentes mais qu’il veut être respectueux.

On est tou(te)s d’accord pour dire que faire le mort, c’est respectueux bien sûr.

 

Donc voilà, encore une histoire où j’ai rien compris.

Le mec est ultra charmant, vraiment tout mignon, hyper intéressant, prévenant et tout et tout, et pof, plus rien.

Bon je reconnais que j’ai pas bataillé plus que ça, parce que c’était le tout début, que j’étais un peu dégoutée qd même, et surtout, je sentais que ça n’aurait servi à rien.

Mais quand même ça fait chier.

 

 

Quand tout ne se passe pas comme prévu…

30 Mai

Hier devait être une super journée. Telle Hannibal Lecter Smith, tout devait se dérouler sans accroc. Ouais, ça c’était la théorie. Parce que la pratique, ça laisse encore à désirer.

 

La matinée était plutôt classique, j’avais 4 heures de cours avec les 3èmes. Oui, en suivant. J’avais prévu mon cours, quelques exercices. J’arrive au collège et là, je me retrouve face à… 3 élèves seulement. À ce qu’ils m’expliquent, il y a grève des transports, donc on sera en comité réduit. Soit. Bon ben c’est pas grave, je vais changer mon programme, l’alléger un peu parce que faire cours, c’est pas la peine. Bon je dois dire que je trouve le temps très long, que j’ai très très envie de m’endormir tellement je m’ennuie.

Mais je tiens bon parce que je sais que je finis à midi. Et que les 1ères étant en stage, je n’ai pas cours avant le jeudi 17h. Ça me fait comme un weekend en plein milieu de la semaine. Oui, après le lundi chômé, il fallait bien ça !!

Pour ces deux jours, j’ai prévu de partir au bord de la mer. Mes parents ont acheté un petit appartement dans une station balnéaire il n’y a pas longtemps, et j’ai bien envie de voir ce que ça donne.

 

Mais avant ça, il faut que je rentre chez moi parce que j’ai reçu un mail, on me livre ma robe du mariage dans l’après midi. Je suis trop contente, je vais être trop belle !!!

12h30 j’arrive chez moi, 12h45 le livreur sonne à la porte. Je fais des bons en allant lui ouvrir, j’ai un sourire qui fait le tour de ma tête. Yeah !!

Je remonte chez moi en quatrième vitesse, je déchire l’emballage et là, déception ! Déjà à l’ouverture. Sur le site elle faisait légère, fluide, alors qu’en vrai, elle fait plutôt rigide. Bon, ce n’est qu’une impression, je vais la passer pour voir ce qu’elle donne portée.

Quand je vois que je peux la mettre sur mon jeans sans problème, je me dis qu’il y a un souci. Ce qui m’est confirmé quand je lève les yeux. La taille n’est absolument pas marquée, et puis elle est trop basse. Et tout le haut est rembourré. Mais pas un peu comme dans certains soutiens-gorges, non, là j’ai l’impression d’avoir une gilet de sauvetage tellement je ne peux pas bouger.

Sincèrement, elle est immettable. Mais sinon, ça me fait plaisir d’avoir déboursé 75 euros pour cette horreur. Et surtout, pour en être revenue à mon point de départ : je mets quoi pour le mariage ?

 

La déception passée, je me mets en route pour la plage. Je ne voudrais pas trop trainer, il y a environ deux heures de route, et j’aimerais bien profiter du soleil.

Je suis trop fière de moi, je retrouve l’appartement du premier coup ! Il faut savoir que la seule fois où je suis venue, c’était en décembre quand mes parents avaient visité. Et j’avais plutôt dormi dans la voiture qu’enregistré le trajet. Donc là, je suis assez contente, je me dis que c’est un signe, que ces deux jours vont être bien.

Joie qui ne dure qu’un bref instant, parce que je suis devant le volet et que je n’arrive pas à l’ouvrir. Je tourne la clé dans un sens, dans l’autre, je tire, je pousse, rien y fait, je suis coincée dehors. Là j’hésite entre hurler, pleurer et me faire pipi dessus. Ouais ben c’est pas tout ça, mais le litre d’eau que j’ai bu dans la voiture, faut bien qu’il sorte !

Bon, dans ce cas, une seule solution, le 50/50 l’appel à un ami, ou plutôt, appel au Padre. Qui 1/ se marre, et 2/ me conseille d’aller voir le voisin à qui ils ont laissé les clés. Je sonne chez les voisins, qui bien évidemment ne sont pas là. Je vais être honnête, j’ai sérieusement pensé à reprendre mes affaires (parce que oui, j’avais déjà tout déchargé) (et oui, je me faisais l’impression d’être une manouche avec mes 15 sacs devant la porte) et à repartir chez moi. Je reprends mes esprits, je remets mes sacs dans la voiture et je me mets en quête d’un café pour attendre le retour des voisins.

Une heure et un coca plus tard, je reviens à l’appartement, pleine d’espoir. La voisine est rentrée. Après lui avoir expliqué mon problème, elle va chercher son jeu de clé et miracle ! La porte s’ouvre. Tu peux pas imaginer à quel point je suis soulagée ! Si elle avait pas l’air de tirer la gueule, je l’embrasserais !

Je repars à la voiture chercher mes affaires, je m’installe et je rappelle mes parents pour les tenir au courant quand même. Et là, la Reine mère m’annonce qu’elle a oublié de me dire qu’il n’y a pas d’eau chaude encore. Le plombier doit venir la semaine prochaine. Euh non mais c’est une blague c’est ça ?!? C’est pas que toute cette histoire commence sérieusement à me taper sur les nerfs, mais un peu beaucoup quand même…

Je passe la soirée, je me couche avec l’espoir qu’aujourd’hui sera mieux.

 

Je me lève avec la gorge en feu, et un ciel tout gris. Mis à part ça, tout va bien…

 

J’ai une tête de salope ou bien ??

25 Mai

Alors tout d’abord, comme je suis pas une pute (haha) (ça commence bien) (mais c’est pour rester dans le thème), j’annonce de suite que si tu veux de la poésie, de la blagounette, de la paillette, du lolilol, du bisounours qui fait des choses sexuelles romantiques avec mon petit poney, je suis désolée, mais je crois qu’il va falloir attendre un prochain article. En revanche, si tu veux du parler cru, de la colère, de la déception, de la remise en question, de l’estime de soi dans les chaussettes, du moral à zéro, cet article est fait pour toi. Ouais je sais, ça vend pas du rêve, mais je peux pas toujours être au top du glamour.

 

Maintenant, on peut revenir au sujet. J’ai une tête de salope ou bien ??

Je précise bien évidemment que c’est une question rhétorique dont la seule réponse convenable et non. Si tu penses que oui, je t’éclate on va pas bien être pote.

Forcément, c’est non parce que 1/ tu n’as jamais vu ma tête (sauf 1 ou 2 personnes) et 2/ surtout j’estime de façon tout à fait objective et après concertation avec moi-même que je ne ressemble en rien à une chienne en chaleur. Bon c’est vrai que je ne connais personne qui reconnaisse avoir la tête d’une actrice porno dépravée et lubrique.

 

Tu vas me dire, mais pourquoi une telle question. Je t’explique (qu’est-ce que je suis sympa quand même).

Tu te rappelles qu’il y a quelques temps, j’ai revu le Surfeur. Surfeur qui ne me laisse pas indifférente, comme tu le sais aussi.

Et donc lundi, je reçois un texto de sa part, venant prendre de mes nouvelles, savoir si je survis au froid. Deux message plus tard, il me demande si j’ai pas des idées pour le réchauffer. Je lui suggère un bon bain chaud, et on en reste à peu près là. Bon ça transparait pas super dit comme ça, mais en vrai, on a fait un peu de la drague par sms. Pas des sextos hein, juste de la dragouille pas bien méchante.

Mardi soir, 23h30, nouveau message, toujours venant de lui. Je cite « c’est vraiment frustrant d’être à l’hôtel avec une envie comme ça… ». Encore une fois, on flirte par messages interposés, et il me propose de le rejoindre. Clairement, c’est pas l’envie qui me manque, mais il est à 150 bornes et je bosse le lendemain. Il souhaite alors que je lui envoie une photo de moi, lascive. Je le rembarre gentiment, c’est pas du tout mon truc.

Cet après midi, nouveau message, pour savoir si j’ai pas trop chaud (ouais, on aime bien parler météo, c’est assez sexy je trouve). Très vite, les messages ambigus arrivent. Et là, il me dit que je suis chaude. Alors déjà, j’ai pas apprécié. Parce que depuis le début de la semaine, c’est quand même lui qui vient me chercher, et lui qui fait déraper les messages en ajoutant un double sens. Et c’est moi qui suis chaude !!! Bon ok, je suis pas toute blanche non plus, parce que parfois je l’ai allumé bien comme il fallait. Mais j’ai pas aimé sa manière de dire que c’était de ma faute. Comme s’il était innocent et que je voulais le dévergonder.

On continue les messages, et on reparle de mardi soir. Il commence à être évasif. Je lui dis qu’il voulait que je vienne. Ce à quoi il me répond qu’il avait dit qu’il proposait que j’y aille, pas qu’il en avait envie. Ça me soule qu’il joue sur les mots (en plus, j’ai toujours pas saisi la différence). J’essaie de développer un peu là-dessus, et finalement, à force d’insister, il lâche qu’il a une copine depuis 2 ans, qu’ils vivent ensemble et qu’il est super amoureux. Mais bon, il est pas contre m’arracher mes vêtements pour me faire plaisir. Il aurait été devant moi, je lui aurait arraché la tête. Non parce que vraiment, ça me fait chaud dans le dedans de mon cœur de savoir que je lui fait tellement pitié qu’il est d’accord pour me faire la charité du sexe.

 

Et là, tu vas voir comment je suis trop forte, et où tout ce que je t’ai dit plus haut s’enchaine.

On commence donc par la partie colère. Finalement ,c’est juste un tocard égoïste qui me prend pour une pute. J’ai l’impression qu’il a fait que jouer avec moi, à venir me chercher, à me chauffer, à me faire des propositions (indécentes). Et c’est pas une sensation très agréable. Et puis je me dis qu’il n’a pas du tout tenu compte de moi. Il s’est jamais dit que j’étais un être humain, que je pouvais avoir des sentiments, et que son comportement pouvait être vraiment blessant.

 

De là, on en arrive à la déception. Je ne suis pas déçue que ça ne se fasse pas. Dans la mesure où j’espérais rien de lui, je fais style m’en fous. Non, je suis surtout déçue de m’être autant trompée sur lui. Je pensais que c’était un ami. J’avais dit qu’il n’était pas fiable, mais j’étais persuadée qu’il me respectait, et je n’avais jamais imaginé qu’il puisse me traiter de la sorte. Il ne l’avait jamais fait jusque là, il me traitait différemment. Donc là, je t’avoue que je tombe de haut.

 

D’où la remise en question.

Comment ça se fait que depuis quelques temps, genre 2-3 ans maintenant, 95% des mecs sur qui je tombe sont en couple. Je veux dire qu’ils me draguent (allègrement), mais au dernier moment, ah non désolé mais je suis déjà pris. Donc moi je sers à quoi ? Je suis là pour les rassurer et c’est tout ? Genre oui je suis en couple mais je voudrais savoir si je plais encore. Ah bien tiens, si j’allais draguer la petite là-bas. Je suis une proie facile, c’est ça ?

Qu’est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi les mecs sont persuadés qu’ils peuvent me traiter de la sorte ? J’envoie quoi comme signaux pour qu’ils s’imaginent une chose pareille ? J’ai écrit salope sur le front .? J’ai un panneau dans le dos qui dit que je suis open pour faire des choses du sexe entre 5 et 7 par exemple ?

 

Et là, concrètement, j’ai envie de me mettre en boule dans mon lit et de pleurer.

Parce que me faire draguer par un mec déjà pris, c’est pas la première fois que ça arrive. Alors la première fois que c’est arrivé, je me suis pas dit grand-chose. Je l’ai surement traité de con, et puis j’ai vite oublié.

Mais la deuxième, puis la troisième fois, j’ai commencé à me poser des questions. Là pour être honnête, j’ai arrêté de compter.

À chaque fois, je me sens comme une merde. À chaque fois je me demande ce qui va pas chez moi. Parce que j’ai l’air suffisamment bien pour que certains envisagent de tromper leur copine, mais je suis jamais assez bien pour qu’un mec envisage une relation (sérieuse) avec moi. Honnêtement, je suis pas moche, pas idiote, peut-être un peu timide au début mais assez sympa, plutôt ouverte, hyper drôle (n’est-ce pas?). Alors pourquoi je suis seule ? Pourquoi y a pas un mec (bien) qui se dit « hey mais elle a l’air super comme fille, j’aimerais bien la connaitre mieux ! ». Pourquoi moi j’ai droit qu’à « putain elle est bonne, je la baiserai bien ».

À chaque fois, je dois faire un effort pour me convaincre que je vaux quelque chose. Que je suis pas une moins que rien. Que moi aussi je mérite d’être aimée (et pas que pour mon cul). Que moi aussi je trouverais ma moitié. Le seul problème, c’est que l’effort à fournir pour m’en persuader est de plus en plus grand.

Parce qu’à chaque fois, ma propre estime s’enfonce plus profondément. Alors je lutte pour la maintenir à niveau, pour contrebalancer tous ces signaux négatifs qu’on me renvoie. mais je commence sincèrement à être fatiguée. J’ai parfois l’impression d’une bataille sans fin et c’est épuisant. Émotionnellement et mentalement. Surtout des jours comme celui-là, ou je doute de l’issue…

 

Cette journée démarre mal

19 Mai

Déjà, je dois mettre le réveil pour préparer une tarte aux citrons pour mes parents et leurs amis. Rien ne va, elle veut pas cuire, il me faut presque 2 heures pour la faire. Alors que d’habitude en 1 heure c’est plié. Bon déjà ça m’énerve.

 

Sur la route pour amener le dessert, je m’arrête pour acheter des mignardises. Toujours pour le repas de mes parents. 0,30€ l’unité, il m’en faut au moins vingt, je vais prendre 2 boites de 15, comme ça ils auront du rab.

Au moment de payer, je m’aperçois qu’un de mes billets de 20 euros s’est volatilisé. Après réflexion, et passage en revue de mon emploi du temps, j’en déduis qu’il a disparu mercredi matin. Quand j’étais au lycée, avec les premières… il doit être avec ma clé usb, disparue elle aussi un mercredi matin. Le genre de truc qui me met encore plus à cran…

 

Je remonte dans ma voiture, direction chez mes parents. Et là, je calcule que la boite de 15 mignardises est à 6 euros. Oui, les mignardises à 30 cts l’unité. Et que j’ai pris 2 boites, histoire de bien me faire avoir.. (je te laisse faire les calculs)

 

Quand j’arrive chez mes parents, je dois te dire que je suis un peu beaucoup irritée. C’est sans compter sur l’accueil chaleureux de la Reine Mère qui dès qu’elle me voit, s’écrit que j’ai vraiment très mauvaise mine ! Elle me demande ce que j’ai, et moi pauvre conne, je lui réponds que je suis fatiguée parce que je ne dors pas bien en ce moment. Et évidemment, elle veut savoir, elle insiste alors que je n’ai pas de réponse : j’ai mal quelque part (non), j’ai des soucis (non), mais que je lui dise, elle est là pour ça (non mais lol quoi). Là concrètement, j’ai juste envie qu’elle me lâche ! Elle a du comprendre, parce qu’elle change de sujet : et alors, ça s’est fini comment l’autre soir (avec leur ami vieux beau) ? Oh ben tiens, le sujet qu’il fallait aborder ! Non parce que maman, je rêve de te raconter que ton pote me drague. Youpi ! C’est là que le Padre arrive : oh ben dis donc, t’as une sale gueule ! Ouais, merci papa, t’as toujours eu le bon mot.. Bon c’est pas tout ça, mais je vais y aller moi.

Je monte dans ma voiture, et le Padre qui me raccompagnait me fait remarquer que j’ai un pneu à plat.

 

Sur ces bonnes paroles, je vais aller me recoucher. Avec un peu de chance, le deuxième réveil de la journée sera mieux…