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Les états d’esprit du vendredi #10

11 Sep

C’est un article que j’ai vu chez Isa et que j’aime bien, donc je lui pique l’idée.

Le concept est assez simple, le vendredi je réponds à un petit questionnaire.

C’est parti !

 

Vendredi 11 septembre, début : 17h55

 

Fatigue :

Ça va. je fais rien de mes journées mis à part mater des séries et faire la sieste, j’ai pas trop à me plaindre.

 

Humeur :

Bonne.

 

Estomac :

Je viens de manger un sandwich au saucisson que je complète actuellement avec une glace au marshmallow de chez picard (une tuerie). Un repas très diététique comme tu peux le voir. Non mais c’est surtout que dans 1h je vais boire l’apéro avec Charlotte et que j’avais rien mangé de la journée.

 

Condition physique :

Aucune. Comme d’hab.

 

Esprit :

J’ai le cerveau à l’envers. On m’a dit un truc tout à l’heure, j’arrête pas d’y penser, grosse remise en question tout ça..

J’en parlerai de manière plus détaillée dans un autre billet.

 

Boulot :

Chômage.

J’ai pas de poste de prof encore et ma mission à l’Atelier est finie.

Je sens que les jours qui arrivent vont être fun…

 

Famille :

J’ai pris mes billets, je vais voir l’Ainé à Noël. Suis trop contente !!!!

 

Reste :

Je me suis fait plaisir il y a quelques semaines, je me suis acheté un nouvel ordi. Un hybride, tablette + clavier amovible, tout mimi.

Je le reçois, 24h après je le fais planter en voulant installer des trucs. Je le confie à mon cousin pour qu’il me le répare. Lundi aprem je le récupère, ben ça a pas raté. 3h après j’avais un écran tout bleu, impossible de faire quoi que ce soit. Heureusement que mon cousin est sympa, il est revenu le chercher pour me dépanner. La lose.

 

Penser à :

Mettre enfin sur le bon coin tous les trucs que je pourrais revendre. Ça débarasserait mon appart et ça me ferait des sous.

 

Amitiés :

Toujours au top. Au moins de ce coté là j’ai de la chance.

Isa me fait trop rire avec le rugby qu’elle « oublie ».

Charlotte est adorable, on se soutient mutuellement, c’est cool.

Et ce matin, j’avais un texto de Cruella, elle vient me voir à Toussaint. Je suis trop contente !

 

Love :

J’ai revu l’Homme Idéal et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est compliqué… (d’où l’esprit retourné tout ça)

 

Sorties :

Apéro tout à l’heure, brunch surement dimanche.

Des trucs tranquilles, et ça me va très bien. Pas forcément envie de foule autour.

 

Divers :

J’ai aménagé un vrai coin bureau, j’ai tout retourné/trié/vidé chez moi (je suis même allée à la déchetterie tellement y avait de merde). Ben je peux te dire que c’est vachement plus agréable !

 

Courses :

Faites hier, les placards débordent.

 

Envie de :

Me barrer, loin, très loin. Genre un aller simple à l’autre bout du monde.

 

Musique :

Pile là maintenant, c’est Linkin Park. T’as eu du bol, parce que j’ai mis toute ma bibliothèque en lecture aléatoire, donc ça fait parfois des enchainements bien chelous.

 

Fin : 18h27

 

J’aurais aimé être une fille à bande

9 Nov

Je crois que d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été un peu en marge. Pas suffisamment pour être totalement exclue, juste ce qu’il faut pour être à la lisière du groupe. Pas complètement dehors, pas complètement dedans.

Moi je suis pas vraiment la fille qu’on appelle en premier pour partager une nouvelle, où à qui on organise une surprise. Je suis plutôt la fille que les amis oublient, au sens premier du terme, de prévenir pour un ciné ou une soirée. Pas intentionnellement hein, c’est juste que sur le moment, ils n’ont pas pensé à moi. Ce qui fait qu’ils peuvent me faire remarquer par la suite, le plus naturellement du monde, « ben qu’est-ce qu’il s’est passé ? t’étais pas là ! »

 

En vrai, bon je vais être honnête je le savais déjà un peu avant, mais je l’ai vraiment réalisé la semaine dernière. Tu rigoles pas, mais j’ai profité des vacances pour regarder la fin des frères scott. C’est en les voyant tous ensemble que je me suis rendue compte que je n’avais pas ce que je voyais. La bande de potes (type friends ou même sex & the city), le genre d’amis que tu peux appeler à n’importe quel moment du jour où de la nuit, où qui débarquent chez toi sans prévenir et avec qui tu prends un thé. Ou l’apéro. Ou les deux si ça s’éternise.

Et j’ai eu un gros pincement au cœur. Parce que ça fait envie des amis pareils.

Attention, je fais pas ma causette non plus. J’ai quelques amis sur qui je peux compter à la vie à la mort, mais pas beaucoup. Et surtout, ils habitent loin. Près de chez moi, je n’ai que des connaissances ou des potes, donc par définition pas proches. Pas ce que j’ai vu à la télé et que je jalouse un peu.

 

En fait, le problème, c’est que je ne suis pas sûre d’avoir la personnalité adéquate, à mon grand regret.

Parce que j’ai aussi un côté solitaire, un peu comme une meute d’un seul loup, j’ai besoin de moments à moi. Bon tu vas me dire, l’un n’empêche pas l’autre. Je pourrais très bien être tranquille une soirée, et en bande le lendemain. C’est vrai. Mais ça, c’est la théorie. En théorie, les gens saisissent, et disent que pas de souci et qu’ils comprennent très bien et que oui prends du temps pour toi. Et puis ensuite, quand on en reparle au détour d’une conversation, ils te reprochent de pas être venue et que c’était pas très cool de ta part que t’aurais pu faire un effort et que c’est bien fait pour ta gueule et que t’avais qu’à être là. Alors que toi t’as rien demandé.

 

Là encore, attention, je ne rejette pas la faute sur les autres. Enfin si un peu quand même, faut pas déconner non plus, mais je sais que j’ai ma part de responsabilité dans cet état de fait.

De part mon caractère d’une part, parce que je peux être assez extrême. Ce qui fait que quand je suis vexée ou blessée par un(e) ami(e), je peux totalement couper les ponts (cf la fourbe). Je sais que je peux avoir des jugements assez tranchés sur ce qui ce fait ou pas. Un peu comme si moi j’étais irréprochable. La blague ! c’est un trait de caractère que je n’aime pas beaucoup chez moi, je trouve parfois que je manque de « coolitude », j’essaie d’y travailler, mais c’est pas toujours évident.

De part mon attitude d’autre part, parce qu’on m’a souvent dit que j’avais l’air hautaine, froide, pas drôle. Ce qui me laisse penser que je ne dois pas envoyer les bons signaux. Parce que si je ne suis pas la reine du cool (cf 3 lignes au dessus), je ne suis pas non plus mormone. Je pense que je sais aussi pas mal plaisanter et rigoler. En fait, les gens confondent hautaine et timide. C’est vrai qu’au début je suis timide, complexée, mais une fois en confiance, je pense que je suis plutôt sympa et déconneuse.

 

Donc depuis je m’interroge.

Est-ce trop tard pour changer ? Et même si je fais des efforts, le naturel ne va-t-il pas revenir au galop reprendre le dessus ? Et même sans devenir totalement extravertie, puis-je réellement changer ma nature ? Puis-je devenir ce « moi idéal » ? Et puis, si j’arrive à changer, ce nouveau moi me correspondra-t-il vraiment ? serais-je plus heureuse ainsi ?

Et puis je fais comment pour évoluer ? je me lève demain et je me dis que ça y est, aujourd’hui je suis cool ?

 

Comme tu le vois, beaucoup de questions… si tu as des gentils conseils à me donner, je suis preneuse.

 

J’aurais tenu 3 ans

17 Oct

appelez moi Michelle Pfeiffer !

 

Aujourd’hui on va parler un peu boulot. Un peu j’ai dit, commence pas à paniquer.

 

Il y a un peu plus de 3 ans, j’ai fait mon tout premier remplacement en tant que prof.

Ça c’était passé très simplement. Le lundi, le rectorat m’appelle en me donnant les coordonnées d’un lycée professionnel (à 150 bornes de chez moi, mais passons). Je contacte le lycée pour leur demander des précisions, et on prend rendez vous pour le lendemain.

 

Le mardi, j’arrive donc au lycée, je rencontre le proviseur et le chef des travaux qui me donnent mon emploi du temps, les différents niveaux, puis il passe la main à mes futurs collègues.

Et là, j’ai tout bonnement halluciné. Ils m’expliquent vite fait les classes « bon eux, ne t’inquiètent pas, c’est pas toi, ils comprennent rien à rien » et s’attarde sur la classe qui pose problème, que ce sont de gros branleurs qui feront jamais rien, et en me donnant la liste des élèves que je peux coller et/ou virer sans problème. J’ai trouvé ça tellement triste, que des gamins de 17 ans soient déjà condamnés. Rangés dans la catégorie des sans espoir, des irrécupérables.

 

Le jeudi, je commence donc mes premiers cours, justement avec la classe réputée la plus difficile. Je vais être honnête, j’étais à la limite de me faire pipi dessus tellement j’en menais pas large.

Le cours commence donc, et là, je me prends les 10 plaies d’Égypte, Armageddon, et les feux de l’amour l’Enfer dans la gueule : des papiers qui volent dans tous les sens, certains dorment sur leur table, d’autres sortent du Nutella ou leur musique (point positif : ils avaient des écouteurs) (on voit le positif où on peut), et le reste discute. Ça gueule dans tous les sens, ça rigole, ça se balade. Bien évidemment, ils ne voulaient absolument pas travailler, et ne se gênaient pas pour le dire.

Sincèrement, j’étais sur le cul, je ne savais absolument pas gérer ça. Heureusement pour moi, les classes suivantes ont été plus cool, dans le sens où même si elles ne bossaient pas plus, au moins elles se tenaient tranquille.

Le lendemain a été exactement pareil, et le début de semaine suivante aussi, jusqu’au mardi où un élève m’a carrément dit d’aller me faire foutre. Là je me suis mise à gueuler comme jamais, ce qui n’était vraiment pas la meilleure chose à faire. Et oui, c’est une fois qu’il a été parti que j’ai réalisé qu’il avait pris sur lui pour pas répondre, et pas m’en coller une surtout ! Pour le coup, ça m’a bien arrangé, parce qu’il faisait bien une tête et beaucoup de kilos de plus que moi.

 

Là je suis rentrée chez moi, complètement désabusée. J’avais vraiment envie de tout laisser tomber, de me rouler en boule sous ma couette et de ne plus en sortir.

Mais je n’ai pas baissé les bras, et le jeudi, en revenant en cours, j’avais décidé d’aborder le problème autrement. J’avais réalisé que ces gamins, en vrai il me faisait peur. Pas physiquement ou quoi, mais je manquais totalement de confiance, et ils le sentaient. Et puis ce qu’ils faisaient n’était pas contre moi, c’était juste leur façon de faire.

Je me suis rappelée les mises en garde des collègues et me suis rendue compte que je faisais exactement la même chose. Moi aussi je leur gueulais dessus, moi aussi je leur disais qu’ils étaient nuls.

À l’occasion d’un exercice, j’ai pu mettre en pratique mes nouvelles résolutions. De toute la classe, seuls 4 élèves faisaient ce que j’avais demandé. Un garçon ayant fini, il m’appelle pour que je vienne vérifier. Et là, au lieu de lui répondre un « ok, ben t’attends quoi pour faire la suite ? », ou une autre amabilité du genre, je lui ai dit dans un sourire « c’est bien, tu vois, t’as pas besoin de moi pour faire ton exercice ! ». Et là, je te jure, j’ai vu des étoiles dans ses yeux. Et de la fierté aussi. Sincèrement, j’ai vraiment eu l’impression que c’était la première fois que quelqu’un lui disait un mot gentil. Et moi je me serais mis des baffes. Parce que pour eux, j’étais comme tous les autres, quelqu’un qui les engueule, qui les rabaisse.

Et c’est marrant, parce qu’à partir de ce jour, je voyais de plus en plus d’élèves arrêter de discuter et se mettre à travailler. À la fin de mon remplacement, ils bossaient tous, c’était au premier qui finirait pour pouvoir m’appeler. Et moi, je les encourageais, les félicitais, les motivais. Au final, cette classe qu’on me présentait comme la plus terrible a été la plus sympa.

en vrai j’ai juste changé de tenue…

 

Cette histoire m’a servi de leçon.

Je m’étais dit que je ne voulais pas être comme les collègues, blasée, aigrie, écœurée, et que j’espérais que le jour où ça arriverait, je saurais m’en rendre compte et que je changerais de métier.

 

Jusqu’à présent, ça allait. Bon en même temps c’était pas très dur non plus, ça fait pas des décennies que j’enseigne. Même s’il y avait des journées difficiles, ça allait.

Mais cette année, c’est compliqué. Je t’ai déjà parlé de ma classe de fin de semaine. Celle avec les terribles. Ben je me suis rendue compte que je n’ai pas (plus) envie de faire d’efforts. Et plus grave, je n’y arrive plus. Ces jours là, je vais au lycée à reculons, la boule au ventre. Je sais que je vais passer deux journées pourries, épuisantes émotionnellement, psychologiquement et physiquement.

J’ai tout essayé avec eux, être sympa, être sévère, leur distribuer des fiches, dicter, les faire copier, leur faire faire des exos, des mises en situation. Rien n’y fait. Ils se foutent de tout et de tout le monde.

Petite parenthèse. Pour demain, je leur prépare une surprise. Je vais préparer mon cours normalement, mais en arrivant, je vais le confier à un élève qui fout le bordel. Moi je vais aller m’assoir au fond de la classe, et ça sera à lui d’animer le cours. Ça me fera des vacances. Je sens qu’on va bien rigoler. La seule question qui reste en suspens, c’est de savoir si je me tiens bien, ou si je me comporte comme eux, à discuter avec les voisins, lire le journal, dessiner, manger ou découper des petits papiers. Ou tout ça à la fois. Fin de la parenthèse.

dommage qu’on n’ait pas le droit de le faire !

 

Après, je ne suis pas idiote non plus. Je sais que la plupart des élèves qui sont là ne l’ont pas choisi. S’ils sont là, c’est souvent parce qu’ils ont des capacités limitées, des histoires familiales à faire pleurer et parfois les deux à la fois. Je pourrais vous raconter des histoires qui vous donneraient envie de hurler tellement elles sont tristes/glauques/flippantes. Ça je peux le comprendre. Le problème, c’est que des histoires tristes, tout le monde en a. Et que ce n’est en aucun cas une excuse à l’impolitesse et à l’irrespect. Mais là, on en revient toujours au même problème, c’est-à-dire les parents. Quand on convoque des parents, et qu’on les voit aboyer sur leurs enfants, on a compris que pour l’élève, c’est le seul moyen de communication qui existe. Lui non plus ne sait pas parler autrement. Bien souvent, il y a un énorme manque au niveau de l’éducation.

Alors on fait ce qu’on peut, mais on ne peut pas tout faire non plus. Moi en une heure de cours, je passe plus de temps à faire la police, à leur dire de se taire et de bien se tenir, leur expliquer qu’on ne coupe pas la parole des gens (et encore moins celle du prof), que non, fils de pute, c’est une insulte et pas un terme affectueux qu’à faire la leçon.

 

À tel point que j’envisage (déjà) une reconversion. Je me dis que ça ne va pas aller en s’arrangeant. Honnêtement, je ne me vois pas faire ça dans 10 ans. Ils auront eu ma peau avant.

Mais le problème, c’est que si je change, c’est pour faire quoi ?

Certains me disent qu’avec des élèves plus âgés, ça serait peut-être plus facile, qu’ils auraient un peu plus de maturité. Le souci, c’est que je n’ai pas suffisamment confiance en moi pour faire classe à des bts par exemple. En plus cette année je passe le concours pour être prof en lycée pro, donc c’est mort.

Et puis c’est pas comme si on était dans une période de prospérité de fou, où on change de job comme on change de culotte, où les opportunités se ramassent à la pelle.

 

Au final, j’en reviens toujours à la même idée. Me reste plus qu’à trouver un vieux riche, l’épouser et me faire entretenir 😉

 

Ne pas s’empêcher de vivre

27 Sep

Je t’ai raconté l’histoire du post-it. Dans cette histoire, il y a une chose qui m’a surprise, c’est la réaction de certaines filles.

Comme je te l’ai dit, lorsque j’ai demandé ce que tu ferais, j’ai eu comme majorité des réponses de la part des filles : « oublie que t’as aucune chance, vas-y, fonce !!! ». Je dis bien la plupart. Parce que quelques unes m’ont quand même mis en garde comme quoi oh malheureuse, et si c’était un gros psychopathe tueur en série et cannibale. Ou quelque chose du genre.

il est pas mignon ?

 

Et là pour le coup, ben oui ça m’a étonnée.

Je sais que je peux avoir un côté un peu débile insouciante, mais quand même quoi. Il s’agit juste de lui envoyer un texto, pas de lui ouvrir mes cuisses, ni mon appart, ni mes comptes en banque ou je ne sais quoi d’autre. Il s’agissait d’un message.

Alors oui, c’est vrai, je ne connaissais rien de lui. Mais à mon sens, la situation n’était pas beaucoup plus différente que si j’avais rencontré un inconnu dans un bar ou sur un site de rencontre (j’ai un gros problème avec cette phrase, mais je sais vraiment pas comment la tourner) (c’est pas grave, je pense que tu auras compris l’idée). Je veux dire, combien de fois on a donné notre numéro à un mec qu’on venait juste de rencontrer. Et je ne te parle même pas de roulage de pelles ou de finir au pieu avec lui. Donc non, envoyer un message ne me semblait pas dangereux.

Peut-être que je suis naïve, mais dans ce mot, moi je n’ai pas vu de menace. La manière dont ça avait été fait, les phrases, je n’ai pas eu l’impression d’un gros taré pervers. Et même si la magie n’a pas opéré de mon côté, il n’a jamais été relou. Un peu bizarre certes, mais jamais insistant.

 

Bref, tout ça pour dire qu’il ne faut pas s’empêcher de vivre.

Bien sur, ça aurait pu être un gros con. Mais ça, on en croise partout. Mais ça aurait pu aussi être un mec bien (oui je sais, il faut que j’arrête les comédies romantiques).

Je pense qu’il faut voir au-delà du verre à moitié vide. Trop de mises en garde tuent la spontanéité et entraine l’immobilisme (je m’auto-vends du rêve avec cette phrase). Attention, je ne parle pas de devenir totalement inconsciente et de faire n’importe quoi, effectivement chaque situation peut comporter des risques, mais cela ne doit pas nous paralyser. Ça serait le meilleur moyen de passer à côté de jolies choses.

 

Toi aussi deviens journaliste à France Télévision – Part 1

6 Août

Bon, je dis France télévision, mais je suis sûre que ça marche avec d’autres chaines. C’est juste qu’en ce moment, comme je te l’ai dit (et répété), ce sont les jo, tout ça, et je regarde beaucoup trop. Et donc passer tout ce temps devant la tévé m’a permis d’analyser les prestations des journalistes de France Télévision, ce qui m’autorise maintenant te donner quelques conseils et astuces afin que tu puisses si tu le souhaites, acquérir aisément ta carte de presse.

 

Unit 1 : les commentaires des épreuves et les interviews

 

Lesson 1 : extrapole au maximum les ressentis des athlètes.

Le but étant d’émouvoir au maximum les ménagères de moins de 50 ans. Pour cela, n’hésite pas à tomber dans le pathos en évoquant la famille, surtout si un des membres est décédé (récemment c’est encore mieux).

Prends donc exemple sur Nelson Monfort, qui interview Ophélie-Cyrielle et lui parle de sa mère décédée. Après avoir été doublement félicité par la Fédération de natation et le président de FT, il recommence deux jours plus tard avec Florent Manaudou en mentionnant Fred Bousquet.

De même, tu peux imiter Arnaud Roméra commentant le judo et le combat d’Anne-Sophie Mondière. Tu peux l’encourager en lui suggérant de se battre pour son fils. Par contre, faut espérer que l’athlète que tu supportes aime plus son enfant qu’Anne-Sophie, parce qu’elle, elle a perdu.

 

Lesson 2 : oriente à fond les questions que tu poses aux sportifs.

Il y a ici deux possibilités. La première, le sportif est un peu con, et ne sait pas quoi dire. Donc avec une question où il n’a plus qu’à dire oui, ça évite des grands blancs à l’antenne (pire encore si c’est du direct).

La deuxième, le sportif est intelligent, et il développe un peu trop sa réponse. Et là, il prend tout le temps d’antenne. Ce qui est inacceptable puisqu’il te vole la vedette (cf part 2).

Et puis surtout, navigue uniquement entre les extrêmes. C’est soit « le match référence », soit un désastre interplanétaire. Jamais un match moyen, les gens ne veulent pas de matchs moyens. Ils veulent de l’exceptionnel. Dans un sens ou dans l’autre, on s’en fout, mais du sensationnel.

Là,, tu peux prendre exemple sur à peu près n’importe qui qui demande « alors, c’était le match catastrophe ? », « je suppose que vous êtes déçu d’avoir perdu ? » et autres « ça doit être le plus beau jour de votre vie ? ».

 

Lesson 3 : ne respecte en aucun cas les athlètes.

Quand tu les interviewes, pose des questions à rallonge, qui perdent le sportif tout autant que les téléspectateurs. De toute façon, le but étant d’entendre le son de ta propre voix, pas la réponse du sportif, ne te gêne pas pour lui couper la parole. Alors si en plus tu traduis, c’est le summum, tu peux également avoir une traduction totalement approximative.

Tu peux également l’ignorer et te foutre de ce qu’il est en train de dire si une plus grande star passe à proximité. Parce que le français perdant ou le deuxième c’est bien, mais là encore, les gens préfèrent les winners.

 

Lesson 4

: meuble comme tu peux.

C’est bien connu, les sportifs peuvent aussi être de gros boulets qui font mal leur job, ce qui veut dire que parfois, il n’y a rien à commenter. Mais ce n’est pas une raison pour que tu laisses de grands blancs à l’antenne, il ne faudrait pas que les téléspectateurs se barrent. Tu enchaineras donc platitudes et lapalissades, par exemple en répétant régulièrement qu’il ne va pas tarder à se passer quelque chose, tu le sens. Note bien que ça veut tout et rien dire, et ça peut s’appliquer aux deux équipes.

Tu peux également faire comme ce journaliste qui commentait le marathon dame lors des jo, en précisant que « c’est un des marathons les plus longs du monde ».

Au pire, si tu as épuisé tout ton stocks de petites phrases, n’hésite surtout pas à faire un commentaire sur le physique des athlètes, c’est toujours efficace. Ça marche aussi avec les coupes de cheveux, tes tatouages ou les tenues. Tu peux éventuellement ajouter des détails de la vie perso, c’est bon pour l’audience.

 

Stay tuned…