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Tu es une grosse ratée

4 Sep

Cet été, mon père me propose un déjeuner en tête à tête avec lui.

Mes parents habitent loin, ils reviennent une fois par an donc pourquoi pas.

L’erreur…

 

On arrive au resto, on s’installe, on commande, on parle de tout et de rien. Un peu comme d’habitude.

Les entrées arrivent, et là, c’est le début de la discussion sérieuse. Quand je dis « discussion sérieuse », il faut bien évidemment comprendre « remontage de bretelle ».

Il commence par me reprocher certaines choses, mais là pour le coup c’était justifié, donc je ne peux pas dire grand-chose.

Et ce qui pouvait encore passer pour une tape sur les doigts se transforme en Armageddon.

 

Il passe alors à ma situation professionnelle. Que bon, ma situation est précaire et que ça serait bien de faire quelque chose pour y remédier. Donc soit j’aime ce que je fais et j’ai le concours (puisque pour lui, je cite : »le concours de prof n’est qu’une formalité ») soit je n’aime pas et je trouve autre chose. Parce que tu te rends compte, à mon âge je ne suis toujours pas propriétaire, et vu comme c’est parti, je vais avoir une retraire de misère.

 

Je t’avoue qu’à ce moment, je suis pas au mieux, mais c’est pas grave, ça continue.

Il enchaine alors sur ma situation amoureuse (lol).

Il me demande si j’ai un copain. « non ». « une copine ? ». « non plus ». Et bien c’est pas normal d’être célibataire. Sous entendu je ne suis pas normale. Que c’est forcément ma faute. Que c’est bien d’avoir du caractère mais c’est pas comme ça que ça marche, et que ça serait bien que j’apprenne à faire des compromis. Et puis la déco de mon appart est trop girly, c’est clair que ça donne pas envie aux mecs.

 

A ce moment, j’ai failli lui demander si je m’ouvrais les veines maintenant ou si j’attendais le dessert, mais je me suis abstenue. Je sais pas, quelque chose m’a dit qu’un trait d’humour sera mal venu…

 

Il a fini en me reprochant de regarder trop de films et de séries, et que c’est pas ça la vraie vie. Que je vivais dans mon petit monde, mais qu’il allait falloir que ça change.

 

J’ai attendu d’être rentrée chez moi pour pleurer.

Tout un repas à m’en prendre plein la gueule, à m’entendre dire que je suis une grosse ratée, ça faisait un peu trop.

Un peu plus tard, avec le recul, j’ai réfléchi à ce qu’il m’avait dit. C’est là que j’ai réalisé qu’il parlait un peu à tord et à travers, et que si certains reproches étaient justifiés, la plupart ne l’étaient pas.

Les copines m’ont dit qu’il avait été maladroit, qu’il m’avait dit ça parce qu’il s’inquiète pour moi. Je sais. Mais c’est pas une excuse.

Sur beaucoup de point, il parle sans savoir. Mais au lieu de poser des questions pour me connaitre, pour avoir mon point de vue, il m’a condamnée.

 

On m’a conseillé de m’expliquer avec lui, d’en parler à ma mère pour qu’elle fasse médiateur, mais j’en n’ai même pas envie.

S’il préfère me juger sans même essayer de se mettre à ma place, je vois pas bien pourquoi je me justifierais.

 

J’avais une soirée à vous raconter

14 Mai

Je ne sais pas si tu te rappelles, mais je devais te raconter une soirée que j’ai faite pendant les vacances. Oui je sais, ça remonte, mais j’ai eu la flemme plein de choses à faire. Et oui je sais, une soirée tu sais déjà ce que c’est. Mais quand même. Y a moyen que tu rigoles.

 

Avant, il faut que je t’explique un peu le contexte. Tu te rappelles, je t’ai dit que ça fait longtemps que je suis célibataire. Et que ça commence un peu à me gonfler. J’aimerais bien avoir un chéri, mais le problème, c’est que je ne rencontre pas grand monde. Au boulot, c’est pas ça. Du côté des amis, ben ce sont toujours les mêmes cercles. Dans un bar, bof bof… j’ai même essayé internet et les sites de rencontre, j’ai tenu 1 semaine. Ça me correspond pas du tout, j‘ai besoin de voir en face à face.

Donc avec mon « amie » la Fourbe (oui parce qu’à l’époque, on se parlait encore), qui est dans la même situation que moi, on décide de se prendre en main et de changer tout ça. On parle de comment on pourrait rencontrer des mecs biens. Des gens comme nous, mais en mec. Allez, soyons folles, on tente le speed dating. On se renseigne sur internet, justement il y a une soirée la semaine suivante. Si ça c’est pas un signe ! Alors on s’inscrit. Et pendant une semaine, on se monte un peu le bourrichon, à envisager comment ça va se passer, et qui il va y avoir. On imagine un vivier de top models ultra cultivés, drôles, sympas.. Parfait en somme. Au bout d’une semaine, c’est limite si on n’est pas persuadées de rencontrer le prince charmant, et de repartir de la soirée la bague au doigt. Ouais, rien que ça.

 

Le jour du speed dating arrive, avec l’après midi même un clash avec la Fourbe. Je m’en fous, je vais quand même à la soirée. Tiens, y a que les filles qui sont arrivées. L’organisatrice nous explique le déroulement, nous donne une feuille qu’on leur rendra à la fin, avec les numéros des hommes qui nous intéressent. Puis elle ajoute qu’un des participants va être filmé, car il est le sujet d’un reportage pour la télé. Bon là je te le dis tout de suite, j’ai un peu commencé à me décomposer. Parce que ok je veux bien raconter la soirée ici, mais de là à passer à la télé…

C’est alors que les hommes font leur entrée. Et là, en les voyant, une constatation qui ne m’avait pas effleuré l’esprit une seule minute me saute au visage. Non, ce ne sont pas de jeunes cades dynamiques qui viennent faire des rencontres. Pour beaucoup, je pense que c’est un peu la soirée de la dernière chance. C’est pas qu’ils soient moches, mais ils sont pas beaux non plus. Surtout celui avec la tête de pervers. Physiquement des mecs quelconques, aucun qui sortent du lot (oui je sais, le physique ça fait pas tout) (mais bon, ça aide quand même).

Avant même de commencer, je sens que la soirée va être longue… très longue. Surtout que je dois voir 10 hommes, 10 minutes chacun. Je te laisse faire le calcul. Pour la peine, je vais me chercher un cocktail, ça me donnera du courage.

 

Après avoir poireauté une heure, on s’installe enfin chacune à une table, et les hommes viennent nous rejoindre. Et là, le défilé des losers commence. Entre le banquier qui habite à 1h30, le contrôleur de train content de faire que des petits trajets pour être chez lui à 17h, le mec du service après-vente « mais pas celui d’Omar et Fred haha », le « logisticien » d’une boite de bricolage, je m’ennuie ferme. En plus ce sont toujours les mêmes questions, c’est chiant.

C’est horrible à dire, j’ai l’impression de passer pour une énorme snob, mais ces mecs ne me vendent absolument pas de rêve. Alors je peux concevoir qu’ils se passionnent pas pour leur job, mais même en parlant d’autres choses, je n’ai jamais vu de petites flammes dans leurs yeux. Moi tout ce que j’ai vu, ce sont des mecs moyens, avec des vies moyennes. Peut-être qu’ils disent la même chose de moi, prof ça fait pas rêver non plus, mais j’essaie de faire des choses à côté. Les mecs, ils ont entre 30 et 35 ans environ, et ils vivent déjà comme des vieux.

Je passe sur le mec de la télé, avec un égo totalement surdimensionné, inversement proportionnel à l’intérêt qu’il suscite. Tout ce que je peux te dire, c’est que normalement je ne passerai pas à la télé. Ouf, sauvée !

 

Le pire dans tout ça, c’est que quand la soirée s’est terminée, j’avais pas envie de mettre de numéro sur mon papier, parce que je savais qu’il n’y en avait aucun qui m’intéressait. Sauf que j’ai culpabilisé. Aucun numéro ça voulait dire que la soirée n’avait servi à rien. Alors que j’avais fait la démarche de venir. Au final, j’ai mis deux numéros, pas du tout convaincue. Et espérant de tout cœur qu’ils ne mettent pas le mien.

 

Je sors du bar, un peu dépitée parce que j’ai l’impression d’avoir (un peu) perdue ma soirée. Bon en même temps, je suis contente parce que je voulais tester. Donc ça y est, c’est fait. De ce point de vue, j’ai pas de regret. Même si je sais que je ne recommencerai pas.

Et là, je tombe sur mon cousin, à la terrasse du bar d’à côté ! Qui évidemment me demande ce que je fais là et d’où j’arrive. Tu te doutes, sur ce point je reste plutôt évasive. C’est alors qu’il m’informe que dans son bar, il y a plein de joueurs de rugby de la ville. Il est hors de question que je rate ça ! Direction le comptoir pour commander à boire. En attendant nos verres je jette un coup d’œil. Rectification, il y a UN joueur de la ville. Mais tout plein d’autres rugbymen. Mon cousin faisant du rugby, la conversation est lancée. C’est comme ça que je me suis retrouvée à discuter avec un néo zélandais jouant en Angleterre venu passer des sélections dans la région. Et tout ça a fini sur de grandes promesses de gens bourrés, lui me disant qu’il ne m’oublierait jamais, moi lui affirmant que s’il venait jouer en France, je le retrouverai quoi qu’il arrive.

Du grand n’importe quoi, mais nettement plus marrant que la première partie de soirée.