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J’ai une tête de salope ou bien ??

25 Mai

Alors tout d’abord, comme je suis pas une pute (haha) (ça commence bien) (mais c’est pour rester dans le thème), j’annonce de suite que si tu veux de la poésie, de la blagounette, de la paillette, du lolilol, du bisounours qui fait des choses sexuelles romantiques avec mon petit poney, je suis désolée, mais je crois qu’il va falloir attendre un prochain article. En revanche, si tu veux du parler cru, de la colère, de la déception, de la remise en question, de l’estime de soi dans les chaussettes, du moral à zéro, cet article est fait pour toi. Ouais je sais, ça vend pas du rêve, mais je peux pas toujours être au top du glamour.

 

Maintenant, on peut revenir au sujet. J’ai une tête de salope ou bien ??

Je précise bien évidemment que c’est une question rhétorique dont la seule réponse convenable et non. Si tu penses que oui, je t’éclate on va pas bien être pote.

Forcément, c’est non parce que 1/ tu n’as jamais vu ma tête (sauf 1 ou 2 personnes) et 2/ surtout j’estime de façon tout à fait objective et après concertation avec moi-même que je ne ressemble en rien à une chienne en chaleur. Bon c’est vrai que je ne connais personne qui reconnaisse avoir la tête d’une actrice porno dépravée et lubrique.

 

Tu vas me dire, mais pourquoi une telle question. Je t’explique (qu’est-ce que je suis sympa quand même).

Tu te rappelles qu’il y a quelques temps, j’ai revu le Surfeur. Surfeur qui ne me laisse pas indifférente, comme tu le sais aussi.

Et donc lundi, je reçois un texto de sa part, venant prendre de mes nouvelles, savoir si je survis au froid. Deux message plus tard, il me demande si j’ai pas des idées pour le réchauffer. Je lui suggère un bon bain chaud, et on en reste à peu près là. Bon ça transparait pas super dit comme ça, mais en vrai, on a fait un peu de la drague par sms. Pas des sextos hein, juste de la dragouille pas bien méchante.

Mardi soir, 23h30, nouveau message, toujours venant de lui. Je cite « c’est vraiment frustrant d’être à l’hôtel avec une envie comme ça… ». Encore une fois, on flirte par messages interposés, et il me propose de le rejoindre. Clairement, c’est pas l’envie qui me manque, mais il est à 150 bornes et je bosse le lendemain. Il souhaite alors que je lui envoie une photo de moi, lascive. Je le rembarre gentiment, c’est pas du tout mon truc.

Cet après midi, nouveau message, pour savoir si j’ai pas trop chaud (ouais, on aime bien parler météo, c’est assez sexy je trouve). Très vite, les messages ambigus arrivent. Et là, il me dit que je suis chaude. Alors déjà, j’ai pas apprécié. Parce que depuis le début de la semaine, c’est quand même lui qui vient me chercher, et lui qui fait déraper les messages en ajoutant un double sens. Et c’est moi qui suis chaude !!! Bon ok, je suis pas toute blanche non plus, parce que parfois je l’ai allumé bien comme il fallait. Mais j’ai pas aimé sa manière de dire que c’était de ma faute. Comme s’il était innocent et que je voulais le dévergonder.

On continue les messages, et on reparle de mardi soir. Il commence à être évasif. Je lui dis qu’il voulait que je vienne. Ce à quoi il me répond qu’il avait dit qu’il proposait que j’y aille, pas qu’il en avait envie. Ça me soule qu’il joue sur les mots (en plus, j’ai toujours pas saisi la différence). J’essaie de développer un peu là-dessus, et finalement, à force d’insister, il lâche qu’il a une copine depuis 2 ans, qu’ils vivent ensemble et qu’il est super amoureux. Mais bon, il est pas contre m’arracher mes vêtements pour me faire plaisir. Il aurait été devant moi, je lui aurait arraché la tête. Non parce que vraiment, ça me fait chaud dans le dedans de mon cœur de savoir que je lui fait tellement pitié qu’il est d’accord pour me faire la charité du sexe.

 

Et là, tu vas voir comment je suis trop forte, et où tout ce que je t’ai dit plus haut s’enchaine.

On commence donc par la partie colère. Finalement ,c’est juste un tocard égoïste qui me prend pour une pute. J’ai l’impression qu’il a fait que jouer avec moi, à venir me chercher, à me chauffer, à me faire des propositions (indécentes). Et c’est pas une sensation très agréable. Et puis je me dis qu’il n’a pas du tout tenu compte de moi. Il s’est jamais dit que j’étais un être humain, que je pouvais avoir des sentiments, et que son comportement pouvait être vraiment blessant.

 

De là, on en arrive à la déception. Je ne suis pas déçue que ça ne se fasse pas. Dans la mesure où j’espérais rien de lui, je fais style m’en fous. Non, je suis surtout déçue de m’être autant trompée sur lui. Je pensais que c’était un ami. J’avais dit qu’il n’était pas fiable, mais j’étais persuadée qu’il me respectait, et je n’avais jamais imaginé qu’il puisse me traiter de la sorte. Il ne l’avait jamais fait jusque là, il me traitait différemment. Donc là, je t’avoue que je tombe de haut.

 

D’où la remise en question.

Comment ça se fait que depuis quelques temps, genre 2-3 ans maintenant, 95% des mecs sur qui je tombe sont en couple. Je veux dire qu’ils me draguent (allègrement), mais au dernier moment, ah non désolé mais je suis déjà pris. Donc moi je sers à quoi ? Je suis là pour les rassurer et c’est tout ? Genre oui je suis en couple mais je voudrais savoir si je plais encore. Ah bien tiens, si j’allais draguer la petite là-bas. Je suis une proie facile, c’est ça ?

Qu’est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi les mecs sont persuadés qu’ils peuvent me traiter de la sorte ? J’envoie quoi comme signaux pour qu’ils s’imaginent une chose pareille ? J’ai écrit salope sur le front .? J’ai un panneau dans le dos qui dit que je suis open pour faire des choses du sexe entre 5 et 7 par exemple ?

 

Et là, concrètement, j’ai envie de me mettre en boule dans mon lit et de pleurer.

Parce que me faire draguer par un mec déjà pris, c’est pas la première fois que ça arrive. Alors la première fois que c’est arrivé, je me suis pas dit grand-chose. Je l’ai surement traité de con, et puis j’ai vite oublié.

Mais la deuxième, puis la troisième fois, j’ai commencé à me poser des questions. Là pour être honnête, j’ai arrêté de compter.

À chaque fois, je me sens comme une merde. À chaque fois je me demande ce qui va pas chez moi. Parce que j’ai l’air suffisamment bien pour que certains envisagent de tromper leur copine, mais je suis jamais assez bien pour qu’un mec envisage une relation (sérieuse) avec moi. Honnêtement, je suis pas moche, pas idiote, peut-être un peu timide au début mais assez sympa, plutôt ouverte, hyper drôle (n’est-ce pas?). Alors pourquoi je suis seule ? Pourquoi y a pas un mec (bien) qui se dit « hey mais elle a l’air super comme fille, j’aimerais bien la connaitre mieux ! ». Pourquoi moi j’ai droit qu’à « putain elle est bonne, je la baiserai bien ».

À chaque fois, je dois faire un effort pour me convaincre que je vaux quelque chose. Que je suis pas une moins que rien. Que moi aussi je mérite d’être aimée (et pas que pour mon cul). Que moi aussi je trouverais ma moitié. Le seul problème, c’est que l’effort à fournir pour m’en persuader est de plus en plus grand.

Parce qu’à chaque fois, ma propre estime s’enfonce plus profondément. Alors je lutte pour la maintenir à niveau, pour contrebalancer tous ces signaux négatifs qu’on me renvoie. mais je commence sincèrement à être fatiguée. J’ai parfois l’impression d’une bataille sans fin et c’est épuisant. Émotionnellement et mentalement. Surtout des jours comme celui-là, ou je doute de l’issue…

 

« Madame, vous êtes raciste ? »

20 Mar

Mercredi dernier, en sortant du lycée, je suis tombée sur mon groupe du jeudi. Passant à 3m d’eux, on se dit bonjour, et ils m’arrêtent, pour avoir des précisions sur le cours du lendemain. On discute un peu, on plaisante, et un élève que j’avais exclu de cours le jeudi précédent me demande si je suis toujours fâchée contre lui. Je lui réponds gentiment que je ne suis absolument pas fâchée (tant qu’il ne recommence pas le lendemain), mais qu’il doit reconnaitre qu’il l’avait mérité. En souriant, il me dit qu’effectivement il l’avait un peu cherché.

 

C’est à ce moment qu’un autre élève qui avait suivi notre échange me demande si je suis raciste. Il m’aurait mis une claque que ça aurait été pareil !! Franchement, je ne m’attendais pas du tout à cette question !! Je lui demande pourquoi il demande ça, et il me répond qu’au début j’étais sympa, mais que maintenant j’arrêtais pas de le reprendre. Et donc il voulait savoir si ça avait un rapport avec sa couleur de peau.

Ben ouais, il se trouve que ces deux élèves là sont noirs. Sincèrement (tu me crois ou pas), je n’en ai jamais tenu compte. Et c’est exactement ce que je lui ai répondu. Que ça n’avais rien à voir avec la couleur de peau, mais plutôt avec le fait d’être pénible ou pas. Et eux l’était un peu, à parler un peu trop souvent à mon goût. Là encore, il a reconnu qu’il parlait un peu trop, et un peu trop fort, et qu’à partir du lendemain, on repartait sur de bonnes bases. Il m’a aussi demandé si on pouvait sceller notre accord en se faisant la bise, ce qui a bien fait marrer ses copains, et je lui ai dit en rigolant qu’il fallait pas pousser non plus.

 

Là-dessus, ils sont repartis en cours, et je suis rentrée chez moi. Mais je peux te dire que ça m’a travaillée tout l’après midi cette histoire. J’ai passé des heures à me remettre en questions, à me demander si j’avais fait ou dit quelque chose qui avait pu laisser penser que j’étais raciste. Je ne me considère pas comme tel, mais en même temps, je ne connais personne qui dirait spontanément qu’il l’est. Je ne pense pas avoir fait de distinction entre les élèves noirs, les blancs, les magrébins, les asiatiques, les grands, les petits, les gros, les maigres, les bleus, les rouges et les verts, et j’espère que je ne le ferais jamais. Moi tout ce que je vois, c’est s’ils sont polis, respectueux et s’ils ont fait leurs exercices.

Ce qui m’a rassurée, c’est de voir que le lendemain, il n’y avait aucune tension. À la fin du cours, il est venu me voir pour me faire remarquer qu’il s’était bien tenu. Il était tout fier, alors j’ai essayé de pas sourire trop fort, et je l’ai félicité et même encouragé à continuer.

 

Au final, j’étais contente d‘être tombée sur eux devant le lycée. Parce que 1/ je ne sais pas s’il m’en aurait parlé si on avait été en classe. Alors que là c’était de façon informelle, et on a pu discuter comme deux adultes. Et 2/ je suis aussi un peu fière qu’il ait osé m’en parlé, pour moi ça veut dire qu’il a eu assez confiance en moi pour aborder ce sujet, pas du tout évident.

Tout ça a fait qu’on a pu en parler simplement, sans que ça entraine une incompréhension de l’un ou de l’autre. Lui aurait pu continuer à croire que je lui en voulais à cause de sa couleur, ce qui fait qu’à mon avis, il aurait fini par faire n’importe quoi et ne plus me respecter et moi, je n’aurais pas compris non plus son comportement, donc j’aurais été moins tolérante, alors que ça se passait bien au début.

 

J’ai pas fini d’en apprendre sur le métier de prof !