Hommage au(x) perdant(s)

3 Août

En ce moment ce sont les jo. Et j’adore les jo. Enfin, ceux d’été, ceux d’hiver, je dois dire que je m’en contrefous royalement. Sauf le patinage artistique, ça je regarde (d’un œil), parce que telle une enfant un matin de noël, j’attends toujours qu’ils se vautrent. Bref, tout ça pour dire que quand arrive le temps des cathédrales des jo d’été, plus rien n’existe, pendant 15 jours je suis collée à ma télé. J’enquille tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi d’ailleurs), la natation comme le ping-pong, l’athlétisme comme l’haltérophilie, le canasson comme le tir au pistolet. Pas le vélo quand même, faut pas déconner. Ou alors me payer très très cher. Mais pas cher genre je peux m’acheter une montre en or ou une voiture, non cher genre je pourrais combler la dette de la France si j’avais que ça à foutre de mon argent. C’est bien c’est pas bien, j’en sais rien et je m’en fous. C’est comme ça c’est tout. Je voudrais lutter contre que je pourrais rien faire de toute façon, c’est un combat perdu d’avance.

et si en plus le logo est clairement sexuel, c’est encore mieux !! ^^

 

Cette introduction fantastique et merveilleuse pour dire que cette année, je sais pas si c’est mon cerveau qui s’est enfin mis en marche après toutes ces années, ou autre chose que je n’ai pas encore déterminé, mais j’ai eu une révélation (ouais, tout arrive).

C’est en découvrant l’histoire de Thomas Bouhail, médaillé d’argent au saut de cheval à Pékin. Victime fin décembre d’une fracture à la jambe, il se fait opérer, mais la douleur ne passe pas. Le médecin ne s’inquiète pas, c’est normal après une opération. 72 heures après, réussissant à avoir un 2ème avis, on s’aperçoit qu’en se cassant l’os a sectionné une veine. Et que cela n’a pas été réparé. Après avoir subi 16 opérations en 2 mois et frôlé l’amputation, son objectif maintenant est de pouvoir remarcher normalement, sans appareillage. Tu peux imaginer à quel point les envies et les objectifs de médailles peuvent être loin…

C’est en découvrant l’histoire de Gwladys Epangue, médaillée de bronze en Taekwondo à Pékin. Victime d’une infection, une de ses vertèbres est très fragilisée et le moindre coup risquerait de la briser, ce qui entrainerait une paralysie. Heureusement pour elle, c’est traitable, et si tout va bien elle pourra recombattre.

C’est en découvrant les larmes de détresse de cette épéiste :

épéiste coréenne londres 2012 (j’arrive pas à mettre la vidéo, mais regarde)

Là ce sont les exemples que j’ai en tête, parce que les plus récents, mais je suis sûre et certaine qu’il en existe des dizaines (centaines ?) d’autres.

 

Alors oui, quand les français gagnent des médailles, je suis vraiment super heureuse, et la joie qu’ils nous montrent est vraiment communicative.

Mais les jo, ce n’est malheureusement pas que ça. C’est également beaucoup de déception, de tristesse. Parce que bien souvent, tous ces sportifs ont mis leur vie entre parenthèses pendant des années, sacrifiant énormément de temps, d’énergie, délaissant famille et amis.

Il ne faut pas oublier que mis à part quelques chanceux, la plupart de ces athlètes ne vivent pas de leur sport. Ce qui signifie qu’ils ont un (vrai) travail à côté (certains étudient encore). Je sais pas toi, mais moi, en sortant du boulot, j’aurais du mal à aller enchainer les heures d’entrainement. Recommencer, reproduire les mêmes gestes encore et encore, jusqu’à atteindre la perfection. Ou l’épuisement. Et répéter le lendemain. Et le surlendemain.

Tous les athlètes le disent, les jo, c’est quelque chose de vraiment particulier. La configuration, l’ambiance, l’émulation, ils en rêvent tous. Le fait que ce soit tous les 4 ans aussi, ça en fait quelque chose de rare. Et ce qui est rare est précieux. On rentre dans l’histoire. On écrit l’histoire.

Alors il y a ceux qui ratent, qui passent à côté de leur match, de leur épreuve. Parce que c’était pas leur jour, que l’autre était plus fort. Une épreuve, quelques minutes, quelques centimètres, quelques points, et c’est fini, tout ça pour ça. Reste plus qu’à rentrer chez eux. Et puis il y a les absents, parce que blessés bien souvent. Dans l’un ou l’autre cas, une désillusion immense, un chagrin profond, une douleur infinie.

 

À tous ceux-là, je voudrais leur rendre hommage.

Dans mon titre, je les ai appelé les perdants, genre non-gagnants d’une médaille, pas du tout genre losers. Parce qu’à mes yeux ils n’en sont pas, loin de là.

Ce sont des gens qui ont touché du bout des doigts leur rêve (qui parfois l’ont atteint), et même si ça peut paraitre cruel, qu’ils espéraient plus et mieux, c’est déjà beaucoup plus que la majorité d’entre nous. C’est vrai que jusqu’à ces jeux, ok je savais que c’était du boulot, je suis pas complètement conne non plus, mais je n’avais jamais pris pleinement conscience de tout le travail, toute la préparation, tous les sacrifices que cela impliquait. C’est chose faite maintenant (ouais, il était temps).

Ce sont des gens qui méritent le respect, et une reconnaissance bien plus grande que certains petits cons d’autres sports bien plus médiatisés que je ne citerais pas.

À tous ces gens de l’ombre, bravo.

 

Publicités

16 Réponses to “Hommage au(x) perdant(s)”

  1. Undo 3 août 2012 à 08:43 #

    Très belle note, bravo !

  2. Isa 3 août 2012 à 11:43 #

    j’aime beaucoup ton article
    c’est un très bel hommage
    merci de l’avoir écrit!

    et tout comme toi, je suis collée devant depuis une semaine; même des sports qui ne me plaisent pas, c’est dire..
    j’ai même regardé le basket hier soiren replay parce que je bosse en fait un peu aussi la journée
    enfin je me fais chier surtout mais faut bin que j’y aille..

    • la fée tatouée 3 août 2012 à 16:37 #

      c’est vrai que j’ai la chance de pas bosser, donc j’y passe un temps on va dire conséquent ! et puis c’est sympa de voir des sports pas du tout mis en avant le reste du temps, je découvre plein de choses, c’est rigolo.
      pour en revenir aux athlètes, ils ont une vie incroyable, faite de souffrance et de sacrifices, et je suis réellement admirative, moi j’aurais craqué depuis bien longtemps..

      • Isa 3 août 2012 à 17:05 #

        moi j’ai découvert les volleyeurs américains…hummm

        blague à part, parfois la défaite se joue sur si peu que les victorieux doivent vraiment faire preuve d’humilité..

        • la fée tatouée 3 août 2012 à 19:50 #

          pour les victorieux, je pense que c’est au cas par cas. effectivment, certains crânent un peu trop, mais pour d’autres, c’est surtout un immense soulagement parce que justement le match a été super disputé, que la victoire a été dure à aller chercher. et puis parfois, tu dois avoir les nerfs qui lâchent aussi..

  3. Stelda 3 août 2012 à 12:09 #

    Ton article est magnifique. Tu as raison de rendre un peu de lumière à ceux qui restent dans l’ombre. Merci pour eux 😉

    • la fée tatouée 3 août 2012 à 16:38 #

      forcément on parle des gagnants, mais les perdants ont fourni les mêmes efforts tout au long de ces dernières années, ils sont tout aussi touchant

  4. Cécile 3 août 2012 à 12:35 #

    Bel article ! J’ai pas encore trop suivi les JO, surtout que moi c’est le contraire je préfère ceux d’hiver (hockey sur glace, patinage artistique, bobsleigh, saut à ski,..) en été y’a que l’équitation qui m’interesse et un peu l’athlétisme…

    • la fée tatouée 3 août 2012 à 16:39 #

      merci !
      j’avoue que ceux d’hiver je regarde nettement moins. je suis les résultats bien sûr, mais j’y passe beaucoup moins de temps. sûrement parce que je bosse à ce moment là, alors que l’été je suis en vacances, je peux m’y consacrer pleinement 🙂

  5. chelsea 3 août 2012 à 13:59 #

    c’est un tout joli n’article 🙂 J’ai eu une amie d’enfance qui était gymnaste de haut niveau. Après avoir été championne de France puis vice-championne d’un plus gros truc (d’europe je crois), elle a été sélectionnée pour les JO. Elle avait 17 ans et elle est partie s’entraîner 1 an en Chine pour préparer les Jeux. Elle est revenue à 18 ans avec un corset en plâtre qui commençait sous les épaules et s’arrêtait aux hanches. Elle l’a gardé 2 ans. Tout ça pour un entraînement où ce n’était pas son jour, elle est tombée sur la poutre… A tous les JO je pense à elle et à tous ceux qui ne sont pas au défilé des athlètes parce qu’ils se sont cassés en poursuivant un rêve. Des bizoos ma fée

    • la fée tatouée 3 août 2012 à 16:42 #

      c’est vraiment cruel, tous ces sacrifices pour ça. même si évidemment elle doit avoir de super souvenirs, je pense qu’il doit y avoir un goût amer qui reste.
      on se plaint de nos petits soucis, mais ça fait relativiser quand même…

  6. Louisette58 4 août 2012 à 10:44 #

    Bravo petite fée t as tout compris au sport et au J O en particulier . Et comme eux ton article m a fait rire et émue aux larmes. Par contre j ai loupé le logo sexuel ? Et même quand tu le dis je ne vois pas !!!

    • la fée tatouée 4 août 2012 à 17:13 #

      merci ma Loulou ! en vrai, je le savais déjà, mais je crois qu’on a parfois tendance à l’oublier, alors ça me tenait à coeur de penser aussi aux perdants.
      pour le logo sexuel, je vais te donner un indice. un homme, et une femme à genoux devant lui… 😉

  7. Louisette58 5 août 2012 à 12:02 #

    Ho ! La coquine 😀

    • la fée tatouée 5 août 2012 à 16:58 #

      non non non, ça vient pas de moi, on me l’a fait remarquer aussi. tu sais très bien que je suis sage moi 🙂

oh oui, pintade avec moi !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :