Bilan de mon weekend.

28 Fév

Comme tu l’auras compris si tu as lu mes articles précédents, le weekend dernier je suis allée passer quelques jours chez des amis. Et jusqu’à présent, je ne t’ai pas raconté. Parce que je n’y arrivais pas.

Quand je suis repartie le lundi soir, j’ai profité du train pour commencer à écrire sur ces quelques jours en Lorraine. Mais ça ne me plaisait pas, je trouvais ça horriblement négatif. Finalement, je vais laisser tel quel, et puis je vais rajouter quelques précisions..

 

Voilà, mon weekend chez Lapinou se termine… et je ne sais pas quoi en penser…

Là on est lundi soir, je suis dans le train, alors j’en profite pour me faire un auto-debrief. Peut-être qu’en écrivant tout ça j’y verrais plus clair.

 

Alors, Lapinou, je t’en ai déjà parlé il y a longtemps. Je l’ai rencontré lors de mes études, pendant la 3ème année et on a accroché de suite. On a passé que quelques mois ensemble, mais ça a été un vrai coup de cœur. C’est marrant, parce que quand j’ai dit que je partais chez lui en weekend, j’ai retrouvé les regards auxquels on avait déjà droit à l’époque. Tu sais, le regard qui s’accompagne parfois d’un petit sourire et qui veut dire « petite coquine ! ». Dans 95% des cas, quand j’explique que c’est mon meilleur ami, je vois bien que la personne en face de moi ne me crois pas, qu’elle pense que c’est mon copain, et pas juste un ami. C’est bien normal, un homme, une femme, ça peut pas être amis. Ça veut forcément faire du sexe. Mais être juste amis ? Impensable !!

Bref, tout ça pour dire que c’est mon pote, que depuis l’école nos chemins se sont séparés parce qu’on habite chacun à un bout de la France, mais qu’on est restés en contact, et que là j’allais le voir. Il était venu un weekend chez moi en juin dernier, et ça s’était super bien passé. Et j’étais restée sur cette impression. Mais là, je ne sais pas…

 

Je te raconte vite fait, tu me diras ce que tu en penses.

Je suis arrivée vendredi soir, je repars donc lundi soir, et concrètement, pendant 3 jours, j’ai eu l’impression qu’il a parlé que boulot. Il m’a présenté pratiquement toute sa bande de pote (notamment un brun ténébreux dont je suis immédiatement tombée amoureuse) , mais il faut savoir que tout ce petit monde travaille dans la finance ou dans l’audit, utilise plein de mots que soit je ne connais pas, soit que je connais mais que je sais pas ce qu’ils veulent dire (ouais j’aime bien faire genre). Donc j’écoute, mais je dis pas grand-chose. Parce qu’entre eux, ils parlent tous boulot. Bien sur, ces amis sont polis, donc ils me demandent ce que je fais, si je connais la région, on discute un peu et une fois qu’on a fait le tour, ils reprennent conversation.

On a aussi eu des moments plus posés, tous les 2, où on pouvait discuter tranquillement. Mais là, il revenait toujours sur le boulot, que c’était lui le plus fort, que sa stagiaire était pourrie, qu’il fallait toujours repasser derrière elle… en général, ça c’était quand on était au resto. Les 2 ou 3 restos où on est allés, où il va tout le temps, où il connait le patron, et fait la bise à tout le monde.

Et sinon, on a comaté devant des films, mais sans rien se dire. On a échangé 3 mots, rien que des banalités mais c’est tout. Et moi, c’est moche de dire ça, mais me vautrer sur le canapé devant un truc niais, ben je peux le faire chez moi. Pas la peine de traverser la France et me taper 6 heures de train (rien que pour l’aller).

 

Le paradoxe, c’est que pourtant il a été au petit soin pour moi. Toujours prévenant, à me demander si tout (m’)allait, ce que je voulais, si j’avais pas froid, ce que je voulais faire, ce que je préférais, il m’a invitée partout, j’ai pas déboursé un centime du weekend.

Je pense que ça serait plus simple s’il s’était comporté comme un gros con, mais c’est pas le cas. Sauf une fois, le samedi soir..

On est allé à l’anniversaire d’un de ses meilleurs potes. Imagine environ 15 personnes qui se connaissent depuis des années et des années. Et moi. Moi la fille super timide qui complexe à mort face à tous ces gens (et qui en plus se sent comme une pouilleuse parce que j’ai pas pris une tenue potable). Ajoute à ça de la boisson et pratiquement pas de bouffe… et comme je tiens pas l’alcool, ben j’ai eu un léger passage à vide. C’est donc ce moment qu’il a choisi pour venir me faire remarquer que c’était pas très cool de ma part de me mettre à l’écart. En plus, c’était l’anniversaire de son pote, et j’avais même pas fait l’effort d’aller lui parler. J’ai chassé la très désagréable sensation d’être une gamine de 4 ans se faisant engueuler par son père parce qu’elle a ses doigts dans le nez et que ça se fait pas, et je lui ai fait remarqué que c’était pas non plus évident pour moi, que je connaissais personne alors qu’eux se connaissaient tous, et qu’il y en a pas un qui avait fait l’effort de venir me voir non plus.

Bon, je crois aussi que j’avais été vexée parce que quand on est arrivés, il arrêtait pas de me présenter comme « une pote de l’école » et franchement ça m’a un peu blessée. Parce que ça m’a donné l’impression d’être une vague connaissance, et je pensais et je sais être plus que ça. Ce que je ne me suis pas gênée de lui dire bien sûr. Alors il m’a rassurée.

 

En fait, j’ai eu l’impression qu’il avait quelque chose à (me) prouver. Qu’il était quelqu’un, qu’il était connu, qu’il avait réussi ou je sais pas quoi. Et franchement, ça m’a gonflé. Parce que j’en ai rien à faire. C’est pas pour ça que je l’apprécie. Alors je sais pas si je suis triste, ou si je suis en colère, j’ai l’impression qu’on a perdu cette complicité qu’on avait, ou peut-être qu’on n’a pas autant en commun que ce que je croyais..

 

Presque 10 jours après, j’ai pu réfléchir à ce weekend chouette sans l’être vraiment. Ou ce weekend raté sans l’être vraiment.

En fait, je me rends compte qu’il était hyper fier de me montrer chez lui, son appart, ses amis, sa vie en fait, et que d’une certaine façon, il guettait mon approbation. Pas vraiment mon approbation parce que ça n’aurait rien changé si j’avais pas aimé un truc, mais je crois qu’il aurait aimé que je valide en quelque sorte. Un peu comme un gamin qui montre sa chambre à un invité et qui attend un « c’est joli ». Et je me rends compte que je ne lui ai pas dit.

Comme pour le samedi soir, s’il est venu me voir quand je décédais d’alcool, c’était pas pour m’engueuler ou me faire la leçon. C’était parce qu’il était triste, il pensait que j’aimais pas ses potes et que je voulais pas leur parler. Et ce que j’ai pas dit, c’est que me voyant mal, il est allé me chercher un verre de coca et quelques petits trucs à grignoter. Et que tout le reste de la soirée, il a vérifié que j’allais bien. Et même quand on a enchainé en boite après et que je lui ai dit que je voulais rentrer, il m’a ramener de suite, sans batailler parce qu’il passait un bon moment avec ses potes.

 

Ça me soulage d’avoir compris ça, parce que quand je suis repartie, j’étais vraiment dépitée et triste, presque à me dire qu’on ne se verrait plus (non non, je ne suis pas du tout extrême..). Alors que maintenant, je sais qu’on se reverra, et que ça sera bien.

 

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4 Réponses to “Bilan de mon weekend.”

  1. Isa 28 février 2012 à 19:36 #

    c’est bien se que tu as fait 🙂
    coucher par écrit ton ressenti sur le moment
    puis après avoir laissé mijoter

    te rendre compte que tu es importante pour lui 🙂

    • la fée tatouée 28 février 2012 à 21:51 #

      oui ça m’avait vraiment minée cette histoire. j’avais réagi à chaud, mais j’ai pu y réfléchir à tête reposée, et être plus objective. ça fait du bien !

  2. Agoaye 2 mars 2012 à 15:08 #

    C’est difficile de toutes façons de vivre une relation à distance, et ce autant qu’en amitié qu’en amour !

    J’ai un pote que je ne vois que tous les ans, il est jeune, très jeune, et les fossés qui se creusent moi je mets ça sur le compte de « mais c’est normal, il grandit et je vieillis »…
    Mais les gens changent indéniablement et c’est parfois difficile de faire coller l’image qu’on a de lui (et qu’on a potassé durant toute l’absence) et la vraie image, celle de la personne qu’on retrouve sans finalement connaître vraiment.
    Et c’est pareil pour l’autre, t’imagine les quiproquos alors ? 🙂

    • la fée tatouée 2 mars 2012 à 15:58 #

      c’est exactement ça ! en plus, c’est la première fois que j’allais chez lui, dans sa ville et je n’y avais pas réfléchi. alors que maintenant, si je dois y retourner, je saurais à quoi m’attendre.

oh oui, pintade avec moi !

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