« C’est pas moi c’est Shawn »

13 Sep

Dans la famille « oh tiens, encore un mec chelou pour ma gueule », il faut que je vous parle de Shawn. Bien sur, tu te doutes qu’il ne s’appelle pas réellement Shawn mais je t’expliquerai plus tard pourquoi l’origine du surnom.

 

Donc Shawn, c’est un mec que j’ai rencontré lors de mes soirées du jeudi. Un grand brun (oui, tu vas vite te rendre compte que c’est mon type les grands bruns), plutôt pas mal. Un petit air timide, mais ça ajoute à son charme.

Je l’avais déjà vu 1 ou 2 fois, on avait échangé quelques regards, mais rien de plus. Et un soir, alors que je m’apprêtais à partir, il vient me voir. On échange quelques mots et surtout nos numéros de téléphone.

 

Dans le week-end, il me contacte et on décide de se faire un ciné le mercredi suivant.

Le jour du rendez-vous arrive et j’aimerais te raconter une super belle histoire très romantique mais non. Rien que du classique : on se retrouve devant, on prend nos places, on s’installe.

Le film commence. Durant la projection, on ne se dit pas un mot, on ne fait pas un geste, absorbé par l’histoire. Ou peut être qu’on n’ose pas.

Le film se termine donc on sort de la salle et on discute devant le cinéma. Bien évidemment on parle de ce qu’on vient de voir, de ce qu’on a aimé et un peu moins, et la discussion dévie un peu. (dans le genre rencard classique, on fait pas mieux).

Donc on est en train de bavarder et là, Shawn bug. Mais quand je dis il bug, je veux dire que pendant 10min, il regarde fixement vers le sol, il ne bouge plus. Quand je lui parle j’ai l’impression que c’est totalement dans le vide. Il est dans son monde, je l’ai perdu.

Et tout à coup, aussi vite que c’est arrivé, il sort de sa torpeur. J’attends un mot, un geste de sa part, expliquant son bug, mais rien. A la place, j’ai droit à un vague geste de la main, et un « bon ben salut ». Et il s’en va. En me plantant devant le cinéma comme une conne.

Tu peux imaginer que le retour chez moi est un mélange de « j’ai rien compris », « qu’est-ce qui lui a pris ? », « non mais laisse tomber il est trop con » et autres pensées douces et apaisantes qui font que tu as des cœurs dans les yeux, la marche nuptiale dans les oreilles et un sourire niais sur les lèvres. Bon c’était peut-être plus des éclairs dans le regard, de la fumée qui sort par les oreilles et quelques noms d’oiseaux qui m’ont peut-être échappé. Mais on va pas pinailler sur des détails, c’est à peu près la même chose non ?

 

Bref, le lendemain (tu vois où je veux en venir petit malin ?), soirée du jeudi soir…

Bien évidemment, je le recroise. Moi je suis un peu sur la réserve, rapport au fait que j’ai un peu en travers le fait qu’il m’ait plantée comme une merde la veille. Lui, tape 1 si tu penses qu’il fait comme si de rien n’était ou tape 2 si tu crois qu’il n’a absolument pas conscience de son geste. (je t’économise les 12 euros de sms en tout genre, c’est bien évidemment le 2)

Mais bon, je suis sympa (et il est quand même canon) donc on discute et l’alcool aidant, on s’embrasse. Et là bam ! Je découvre qu’il ne peut m’embrasser QUE si je suis appuyée contre un mur. Sinon il sait pas faire. Enfin je suppose. Mais quand on s’est retrouvés au milieu de la pièce, il m’a pris la main pour m’amener contre un mur. Bon, pourquoi pas. je ne savais même pas que ça pouvait exister mais bon… j’aurais au moins appris quelque chose !

 

Encore le lendemain (le vendredi donc si tu as bien suivi).

Il m’appelle pour m’inviter à diner le soir même. Agréablement surprise, je reviens un peu sur mon sentiment par rapport à la soirée ciné en me disant que je me suis peut-être emballée et j’accepte volontiers.

Le soir, petit resto japonais très sympa, on fait plus ample connaissance. Oui parce que le ciné et la soirée où la musique est à fond et monsieur est bien alcoolisé, c’est pas ce qu’il y a de plus pratique pour discuter. Je passe un super moment, il me fait rire, c’est de mieux en mieux.

On finit le repas, il m’invite chez lui, il habite à 2min. donc je dis ok. On passe la porte, on s’assoit sur le canapé et là il se jette sur moi. Comme je suis appuyée contre les coussins, il peut m’embrasser (hihi). Et il commence à me déshabiller.

Euuuuuuuh, pardon ? Moi étant moyennement chaude, voire pas du tout (faut pas déconner quand même), je lui mets un gros stop à base de « je t’arrête j’ai pas prévu de me dessaper ce soir ». Classe, tout en tact et délicatesse histoire de ne pas froisser le jeune homme quand même.

Tu imagines que ça jette un gros froid entre nous. Forcément il cesse toute activité, se rassoit sagement et je peux sentir que ça cogite fort dans sa petite tête. Apres une intense réflexion de plusieurs minutes (oui tu l’as compris, c’est pas vraiment un homme d’action), il parle : « bon je te ramène ? »

 

Je t’épargne le suspense, après cette magnifique soirée, on s’est rendu compte qu’on était fait l’un pour l’autre, on s’est marié et on attend le 2ème on a décidé de ne plus se rappeler. Enfin, chacun a pris la décision de son côté mais par un heureux hasard, il se trouve que ça entraine la même conclusion. Ouf !

 

Depuis cette histoire, je le recroise de temps en temps. Quand on ne se voit pas, il prend de mes nouvelles sur facebook, ou en demande à mes amies. Même si à chaque fois qu’on se revoit, j’ai la sensation que ça lui fait sincèrement plaisir de me voir, ça finit toujours de la même manière. Il bug et part sans demander son reste.

 

En fait, Shawn a 2 visages. Quand tu le vois comme ça, c’est un peu le gendre idéal. Interne en médecine, plutôt canon, il présente bien. Pas con, intéressant et drôle. Sur le papier c’est le mec parfait à présenter à tes parents.

Mais ça c’est la théorie. Parce que la pratique… en un clignement des yeux, tu peux avoir une toute autre personne en face de toi.

 

Il y a quelques années, il y avait une émission culturelle qui s’appelait l’ile de la tentation. Jadooooorais l’ile de la tentation, c’était vraiment un festival permanent de perles intellectuelles et philosophiques. Le genre d’émission qui devrait être remboursée par la sécu tellement tu te sens classe et intelligent(e) quand tu les vois. Ça vaut toutes les séances de psy ou de coaching. (d’ailleurs, je pense fortement à proposer une pétition pour que cette émission revienne sur TF1).

Bref, une année, on a eu droit à Thomas. Thomas, dans la vraie vie, était chippendale et avait pour nom de scène Shawn. Dans sa présentation, il expliquait que parfois, il ne se contrôlait plus parce que Shawn prenait le dessus.

Donc bien évidemment, quand il fricotait avec les tentatrices et que ça copine n’était pas vraiment jouasse, il avait une excuse, « c’était pas lui, c’était Shawn ». Logique !

 

Je pense que mon Shawn, c’est un peu pareil. 95% du temps il est normal, et tout à coup, son double lubrico-démoniaque prend le dessus et part en vrille. Le Shawn qui sommeille en lui veut sortir faire la bringue.

J’aimerai juste que ce soit avec une autre que moi.

 

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