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Quand tout ne se passe pas comme prévu…

30 mai

Hier devait être une super journée. Telle Hannibal Lecter Smith, tout devait se dérouler sans accroc. Ouais, ça c’était la théorie. Parce que la pratique, ça laisse encore à désirer.

 

La matinée était plutôt classique, j’avais 4 heures de cours avec les 3èmes. Oui, en suivant. J’avais prévu mon cours, quelques exercices. J’arrive au collège et là, je me retrouve face à… 3 élèves seulement. À ce qu’ils m’expliquent, il y a grève des transports, donc on sera en comité réduit. Soit. Bon ben c’est pas grave, je vais changer mon programme, l’alléger un peu parce que faire cours, c’est pas la peine. Bon je dois dire que je trouve le temps très long, que j’ai très très envie de m’endormir tellement je m’ennuie.

Mais je tiens bon parce que je sais que je finis à midi. Et que les 1ères étant en stage, je n’ai pas cours avant le jeudi 17h. Ça me fait comme un weekend en plein milieu de la semaine. Oui, après le lundi chômé, il fallait bien ça !!

Pour ces deux jours, j’ai prévu de partir au bord de la mer. Mes parents ont acheté un petit appartement dans une station balnéaire il n’y a pas longtemps, et j’ai bien envie de voir ce que ça donne.

 

Mais avant ça, il faut que je rentre chez moi parce que j’ai reçu un mail, on me livre ma robe du mariage dans l’après midi. Je suis trop contente, je vais être trop belle !!!

12h30 j’arrive chez moi, 12h45 le livreur sonne à la porte. Je fais des bons en allant lui ouvrir, j’ai un sourire qui fait le tour de ma tête. Yeah !!

Je remonte chez moi en quatrième vitesse, je déchire l’emballage et là, déception ! Déjà à l’ouverture. Sur le site elle faisait légère, fluide, alors qu’en vrai, elle fait plutôt rigide. Bon, ce n’est qu’une impression, je vais la passer pour voir ce qu’elle donne portée.

Quand je vois que je peux la mettre sur mon jeans sans problème, je me dis qu’il y a un souci. Ce qui m’est confirmé quand je lève les yeux. La taille n’est absolument pas marquée, et puis elle est trop basse. Et tout le haut est rembourré. Mais pas un peu comme dans certains soutiens-gorges, non, là j’ai l’impression d’avoir une gilet de sauvetage tellement je ne peux pas bouger.

Sincèrement, elle est immettable. Mais sinon, ça me fait plaisir d’avoir déboursé 75 euros pour cette horreur. Et surtout, pour en être revenue à mon point de départ : je mets quoi pour le mariage ?

 

La déception passée, je me mets en route pour la plage. Je ne voudrais pas trop trainer, il y a environ deux heures de route, et j’aimerais bien profiter du soleil.

Je suis trop fière de moi, je retrouve l’appartement du premier coup ! Il faut savoir que la seule fois où je suis venue, c’était en décembre quand mes parents avaient visité. Et j’avais plutôt dormi dans la voiture qu’enregistré le trajet. Donc là, je suis assez contente, je me dis que c’est un signe, que ces deux jours vont être bien.

Joie qui ne dure qu’un bref instant, parce que je suis devant le volet et que je n’arrive pas à l’ouvrir. Je tourne la clé dans un sens, dans l’autre, je tire, je pousse, rien y fait, je suis coincée dehors. Là j’hésite entre hurler, pleurer et me faire pipi dessus. Ouais ben c’est pas tout ça, mais le litre d’eau que j’ai bu dans la voiture, faut bien qu’il sorte !

Bon, dans ce cas, une seule solution, le 50/50 l’appel à un ami, ou plutôt, appel au Padre. Qui 1/ se marre, et 2/ me conseille d’aller voir le voisin à qui ils ont laissé les clés. Je sonne chez les voisins, qui bien évidemment ne sont pas là. Je vais être honnête, j’ai sérieusement pensé à reprendre mes affaires (parce que oui, j’avais déjà tout déchargé) (et oui, je me faisais l’impression d’être une manouche avec mes 15 sacs devant la porte) et à repartir chez moi. Je reprends mes esprits, je remets mes sacs dans la voiture et je me mets en quête d’un café pour attendre le retour des voisins.

Une heure et un coca plus tard, je reviens à l’appartement, pleine d’espoir. La voisine est rentrée. Après lui avoir expliqué mon problème, elle va chercher son jeu de clé et miracle ! La porte s’ouvre. Tu peux pas imaginer à quel point je suis soulagée ! Si elle avait pas l’air de tirer la gueule, je l’embrasserais !

Je repars à la voiture chercher mes affaires, je m’installe et je rappelle mes parents pour les tenir au courant quand même. Et là, la Reine mère m’annonce qu’elle a oublié de me dire qu’il n’y a pas d’eau chaude encore. Le plombier doit venir la semaine prochaine. Euh non mais c’est une blague c’est ça ?!? C’est pas que toute cette histoire commence sérieusement à me taper sur les nerfs, mais un peu beaucoup quand même…

Je passe la soirée, je me couche avec l’espoir qu’aujourd’hui sera mieux.

 

Je me lève avec la gorge en feu, et un ciel tout gris. Mis à part ça, tout va bien…

 

J’ai une tête de salope ou bien ??

25 mai

Alors tout d’abord, comme je suis pas une pute (haha) (ça commence bien) (mais c’est pour rester dans le thème), j’annonce de suite que si tu veux de la poésie, de la blagounette, de la paillette, du lolilol, du bisounours qui fait des choses sexuelles romantiques avec mon petit poney, je suis désolée, mais je crois qu’il va falloir attendre un prochain article. En revanche, si tu veux du parler cru, de la colère, de la déception, de la remise en question, de l’estime de soi dans les chaussettes, du moral à zéro, cet article est fait pour toi. Ouais je sais, ça vend pas du rêve, mais je peux pas toujours être au top du glamour.

 

Maintenant, on peut revenir au sujet. J’ai une tête de salope ou bien ??

Je précise bien évidemment que c’est une question rhétorique dont la seule réponse convenable et non. Si tu penses que oui, je t’éclate on va pas bien être pote.

Forcément, c’est non parce que 1/ tu n’as jamais vu ma tête (sauf 1 ou 2 personnes) et 2/ surtout j’estime de façon tout à fait objective et après concertation avec moi-même que je ne ressemble en rien à une chienne en chaleur. Bon c’est vrai que je ne connais personne qui reconnaisse avoir la tête d’une actrice porno dépravée et lubrique.

 

Tu vas me dire, mais pourquoi une telle question. Je t’explique (qu’est-ce que je suis sympa quand même).

Tu te rappelles qu’il y a quelques temps, j’ai revu le Surfeur. Surfeur qui ne me laisse pas indifférente, comme tu le sais aussi.

Et donc lundi, je reçois un texto de sa part, venant prendre de mes nouvelles, savoir si je survis au froid. Deux message plus tard, il me demande si j’ai pas des idées pour le réchauffer. Je lui suggère un bon bain chaud, et on en reste à peu près là. Bon ça transparait pas super dit comme ça, mais en vrai, on a fait un peu de la drague par sms. Pas des sextos hein, juste de la dragouille pas bien méchante.

Mardi soir, 23h30, nouveau message, toujours venant de lui. Je cite "c’est vraiment frustrant d’être à l’hôtel avec une envie comme ça…". Encore une fois, on flirte par messages interposés, et il me propose de le rejoindre. Clairement, c’est pas l’envie qui me manque, mais il est à 150 bornes et je bosse le lendemain. Il souhaite alors que je lui envoie une photo de moi, lascive. Je le rembarre gentiment, c’est pas du tout mon truc.

Cet après midi, nouveau message, pour savoir si j’ai pas trop chaud (ouais, on aime bien parler météo, c’est assez sexy je trouve). Très vite, les messages ambigus arrivent. Et là, il me dit que je suis chaude. Alors déjà, j’ai pas apprécié. Parce que depuis le début de la semaine, c’est quand même lui qui vient me chercher, et lui qui fait déraper les messages en ajoutant un double sens. Et c’est moi qui suis chaude !!! Bon ok, je suis pas toute blanche non plus, parce que parfois je l’ai allumé bien comme il fallait. Mais j’ai pas aimé sa manière de dire que c’était de ma faute. Comme s’il était innocent et que je voulais le dévergonder.

On continue les messages, et on reparle de mardi soir. Il commence à être évasif. Je lui dis qu’il voulait que je vienne. Ce à quoi il me répond qu’il avait dit qu’il proposait que j’y aille, pas qu’il en avait envie. Ça me soule qu’il joue sur les mots (en plus, j’ai toujours pas saisi la différence). J’essaie de développer un peu là-dessus, et finalement, à force d’insister, il lâche qu’il a une copine depuis 2 ans, qu’ils vivent ensemble et qu’il est super amoureux. Mais bon, il est pas contre m’arracher mes vêtements pour me faire plaisir. Il aurait été devant moi, je lui aurait arraché la tête. Non parce que vraiment, ça me fait chaud dans le dedans de mon cœur de savoir que je lui fait tellement pitié qu’il est d’accord pour me faire la charité du sexe.

 

Et là, tu vas voir comment je suis trop forte, et où tout ce que je t’ai dit plus haut s’enchaine.

On commence donc par la partie colère. Finalement ,c’est juste un tocard égoïste qui me prend pour une pute. J’ai l’impression qu’il a fait que jouer avec moi, à venir me chercher, à me chauffer, à me faire des propositions (indécentes). Et c’est pas une sensation très agréable. Et puis je me dis qu’il n’a pas du tout tenu compte de moi. Il s’est jamais dit que j’étais un être humain, que je pouvais avoir des sentiments, et que son comportement pouvait être vraiment blessant.

 

De là, on en arrive à la déception. Je ne suis pas déçue que ça ne se fasse pas. Dans la mesure où j’espérais rien de lui, je fais style m’en fous. Non, je suis surtout déçue de m’être autant trompée sur lui. Je pensais que c’était un ami. J’avais dit qu’il n’était pas fiable, mais j’étais persuadée qu’il me respectait, et je n’avais jamais imaginé qu’il puisse me traiter de la sorte. Il ne l’avait jamais fait jusque là, il me traitait différemment. Donc là, je t’avoue que je tombe de haut.

 

D’où la remise en question.

Comment ça se fait que depuis quelques temps, genre 2-3 ans maintenant, 95% des mecs sur qui je tombe sont en couple. Je veux dire qu’ils me draguent (allègrement), mais au dernier moment, ah non désolé mais je suis déjà pris. Donc moi je sers à quoi ? Je suis là pour les rassurer et c’est tout ? Genre oui je suis en couple mais je voudrais savoir si je plais encore. Ah bien tiens, si j’allais draguer la petite là-bas. Je suis une proie facile, c’est ça ?

Qu’est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi les mecs sont persuadés qu’ils peuvent me traiter de la sorte ? J’envoie quoi comme signaux pour qu’ils s’imaginent une chose pareille ? J’ai écrit salope sur le front .? J’ai un panneau dans le dos qui dit que je suis open pour faire des choses du sexe entre 5 et 7 par exemple ?

 

Et là, concrètement, j’ai envie de me mettre en boule dans mon lit et de pleurer.

Parce que me faire draguer par un mec déjà pris, c’est pas la première fois que ça arrive. Alors la première fois que c’est arrivé, je me suis pas dit grand-chose. Je l’ai surement traité de con, et puis j’ai vite oublié.

Mais la deuxième, puis la troisième fois, j’ai commencé à me poser des questions. Là pour être honnête, j’ai arrêté de compter.

À chaque fois, je me sens comme une merde. À chaque fois je me demande ce qui va pas chez moi. Parce que j’ai l’air suffisamment bien pour que certains envisagent de tromper leur copine, mais je suis jamais assez bien pour qu’un mec envisage une relation (sérieuse) avec moi. Honnêtement, je suis pas moche, pas idiote, peut-être un peu timide au début mais assez sympa, plutôt ouverte, hyper drôle (n’est-ce pas?). Alors pourquoi je suis seule ? Pourquoi y a pas un mec (bien) qui se dit "hey mais elle a l’air super comme fille, j’aimerais bien la connaitre mieux !". Pourquoi moi j’ai droit qu’à "putain elle est bonne, je la baiserai bien".

À chaque fois, je dois faire un effort pour me convaincre que je vaux quelque chose. Que je suis pas une moins que rien. Que moi aussi je mérite d’être aimée (et pas que pour mon cul). Que moi aussi je trouverais ma moitié. Le seul problème, c’est que l’effort à fournir pour m’en persuader est de plus en plus grand.

Parce qu’à chaque fois, ma propre estime s’enfonce plus profondément. Alors je lutte pour la maintenir à niveau, pour contrebalancer tous ces signaux négatifs qu’on me renvoie. mais je commence sincèrement à être fatiguée. J’ai parfois l’impression d’une bataille sans fin et c’est épuisant. Émotionnellement et mentalement. Surtout des jours comme celui-là, ou je doute de l’issue…

 

Cette journée démarre mal

19 mai

Déjà, je dois mettre le réveil pour préparer une tarte aux citrons pour mes parents et leurs amis. Rien ne va, elle veut pas cuire, il me faut presque 2 heures pour la faire. Alors que d’habitude en 1 heure c’est plié. Bon déjà ça m’énerve.

 

Sur la route pour amener le dessert, je m’arrête pour acheter des mignardises. Toujours pour le repas de mes parents. 0,30€ l’unité, il m’en faut au moins vingt, je vais prendre 2 boites de 15, comme ça ils auront du rab.

Au moment de payer, je m’aperçois qu’un de mes billets de 20 euros s’est volatilisé. Après réflexion, et passage en revue de mon emploi du temps, j’en déduis qu’il a disparu mercredi matin. Quand j’étais au lycée, avec les premières… il doit être avec ma clé usb, disparue elle aussi un mercredi matin. Le genre de truc qui me met encore plus à cran…

 

Je remonte dans ma voiture, direction chez mes parents. Et là, je calcule que la boite de 15 mignardises est à 6 euros. Oui, les mignardises à 30 cts l’unité. Et que j’ai pris 2 boites, histoire de bien me faire avoir.. (je te laisse faire les calculs)

 

Quand j’arrive chez mes parents, je dois te dire que je suis un peu beaucoup irritée. C’est sans compter sur l’accueil chaleureux de la Reine Mère qui dès qu’elle me voit, s’écrit que j’ai vraiment très mauvaise mine ! Elle me demande ce que j’ai, et moi pauvre conne, je lui réponds que je suis fatiguée parce que je ne dors pas bien en ce moment. Et évidemment, elle veut savoir, elle insiste alors que je n’ai pas de réponse : j’ai mal quelque part (non), j’ai des soucis (non), mais que je lui dise, elle est là pour ça (non mais lol quoi). Là concrètement, j’ai juste envie qu’elle me lâche ! Elle a du comprendre, parce qu’elle change de sujet : et alors, ça s’est fini comment l’autre soir (avec leur ami vieux beau) ? Oh ben tiens, le sujet qu’il fallait aborder ! Non parce que maman, je rêve de te raconter que ton pote me drague. Youpi ! C’est là que le Padre arrive : oh ben dis donc, t’as une sale gueule ! Ouais, merci papa, t’as toujours eu le bon mot.. Bon c’est pas tout ça, mais je vais y aller moi.

Je monte dans ma voiture, et le Padre qui me raccompagnait me fait remarquer que j’ai un pneu à plat.

 

Sur ces bonnes paroles, je vais aller me recoucher. Avec un peu de chance, le deuxième réveil de la journée sera mieux…

 

Me lever pour me faire emmerder, j’adore !

4 fév

Il y a fort longtemps (genre 1 mois ou 2), je t’ai raconté que le samedi matin, je fais des surveillances de galop d’essai à Sciences Po. Et bien ce matin j’en ai fait une. Bon j’en ai fait d’autres entretemps, mais rien de particulier à raconter (enfin si, mais ça fera l’objet d’un autre article) (oh le teaser de fou !!).

Donc ce matin… ben comme les autres samedis matins. Je te rappelle le déroulement du galop d’essai : épreuve de 4h commençant à 8h30, sortie définitive au bout d’une heure, sortie pour aller aux toilettes au bout de deux heures. Soit 10h30 si t’as bien suivi.

Ce matin, il y a une nouveauté pour moi. Je suis aussi chargée d’aller relever 1 ou 2 fois dans la matinée une collègue qui s’occupe toute seule dans une salle à côté des tiers temps (en même temps y en a que 2 donc c’est pas super violent non plus).

 

8h12 : j’arrive à Sciences Po avant le début, j’entre dans l’amphi et là, je me transforme instantanément en glaçon. Et oui, j’ai la chance de passer 4 heures dans un amphi pas chauffé. Oh putain, je sens que ça va être sympa…

8h23 : une étudiante venue s’installer un peu avant me tombe dessus : "mais c’est inadmissible, on peut pas travailler avec ce froid, non mais vous pourriez mettre le chauffage, c’est pas possible des conditions pareilles !!!" alors pétasse, si tu réfléchissais 2 secondes avant de parler, tu comprendrais que les conditions, ben ce sont exactement les mêmes pour moi aussi. Oui, moi aussi je vais passer 4 heures dans un amphi pas chauffé. Et non, je ne peux rien faire pour le chauffage, c’est pas moi qui m’en occupe et je sais même pas où il est. Donc t’es mignonne, tu te calmes, ou tu vas aboyer ailleurs. Dans les 2 cas, tu me laisses tranquille.

8h28 : la majorité des étudiants arrive et s’installe.

8h30 : une collègue surveillante que nous nommerons Tatie Danielle vient me voir pour me demander ce qu’on fait. Ben oui, il est 8h30, c’est supposé être le début de l’épreuve et tous les étudiants ne sont pas installés. Genre y en a 5 qui sont pas à leur place. Shocking ! Je sens qu’elle panique, alors je lui dis que dès qu’ils sont assis, on commence l’épreuve. Ouais ok, on aura 3 minutes de retard. Ben madame, ça lui va pas. "parce que ça veut dire qu’on va finir en retard, et que moi, j’ai des impératifs moi !" c’est pas que j’en ai rien à foutre, mais pour 3 minutes, tu vas pas me faire chier. Et puis c’est sur que c’est la seule personne au monde à avoir prévu quelque chose après la surveillance.

8h32 : Je lui dis que c’est pas très grave non plus et là, madame s’enflamme "j’ai été étudiante moi, j’ai été prof moi, j’ai passé des concours moi, et jamais je n’ai été en retard. Jamais ! Je suis toujours arrivée au moins 1/2h avant, et je comprends pas qu’ils ne fassent pas pareil !!" Ah tiens t’as du rater la partie où je disais que t’as vie je m’en contrefous. Comme une conne j’essaie de lui expliquer que c’est déjà pas mal qu’ils soient là, rapport à l’odeur très alcoolisée qui laisse supposer une soirée fort sympathique que certains étudiants dégagent. J’aurais mieux fait de fermer ma gueule, parce que bien sur, je me suis pris le 2ème effet kiss kool en plein dans la face "ah ben voilà, maintenant les jeunes on peut plus rien leur dire. Ben oui, laissons les faire ce qu’ils veulent. Aucune limite, c’est bien ! Non mais c’est pas normal, ils se croient tout permis et blablabla !" bon là j’ai décidé de la laisser finir toute seule, parce que je te rappelle que c’était encore le matin pour moi, et ça commencer à faire beaucoup en très peu de temps.

8h35 : Tatie Danielle, elle était tellement tendue qu’elle a préféré dire le sujet au micro. Elle s’est dit qu’écrire 4 mots au tableau, ça prendrait beaucoup trop de temps, rapport à ses impératifs.

8h36 : une autre collègue (qui ne devait pas avoir d’impératif elle) écrit le sujet au tableau.

8h37 : les élèves râlent, parce que le sujet du tableau n’est pas le même que celui donné par Tatie Danielle.

8h38 : tatie Danielle engueule la collègue qui sait pas recopier un sujet correctement, et redonne son sujet aux élèves.

8h39 : après vérification, Tatie Danielle a bien dit de la merde à tout le monde.

8h40 : l’épreuve peut enfin réellement commencer. C’et là que je m’interroge sur l’efficacité de donner un sujet à l’oral pour aller plus vite.

8h41 : mes 4 autres collègues sont absorbées dans les mots fléchés du programme tévé, dans l’horoscope du programme tévé ou dans leur livre.

8h45 : je décide de me balader dans l’amphi histoire de me réchauffer.

9h45 : un étudiant se lève pour aller aux toilettes. Étant la seule débout, et à côté de la porte de l’amphi, je lui explique que c’est pas possible pour l’instant, et qu’il va falloir attendre. Il retourne s’assoir.

9h46 : un étudiant se lève pour aller aux toilettes. Étant la seule débout, et à côté de la porte de l’amphi, je lui explique que c’est pas possible pour l’instant, et qu’il va falloir attendre. Il retourne s’assoir.

9h47 : un étudiant se lève pour aller aux toilettes. Étant la seule débout, et à côté de la porte de l’amphi, je lui explique que c’est pas possible pour l’instant, et qu’il va falloir attendre. Il retourne s’assoir.

9h48 : un étudiant se lève pour aller aux toilettes. Étant la seule débout, et à côté de la porte de l’amphi, je lui explique que c’est pas possible pour l’instant, et qu’il va falloir attendre. Il retourne s’assoir. Et moi je m’interroge de plus en plus sur la bêtise des gens.

9h49 : Tatie Danielle bouge son cul pour venir me voir. "je voulais te dire qu’on n’est pas d’accord avec ta façon de refuser aux étudiants d’aller aux toilettes !" WTF ????? "oui tu comprends, les pauvres, quand même, avec ces conditions, on peut faire une exception…"

"oui on pourrait, mais là concrètement, ils en sont pas encore à se pisser dessus. Ils connaissent les règles, ils peuvent se retenir. Et puis accessoirement, ça va bien être le bordel, parce que la semaine prochaine, ils vont pas comprendre pourquoi ils peuvent pas aller aux toilettes quand ils veulent puisqu’on les a laissé faire"

"non mais aujourd’hui, c’est exceptionnel, avec le froid. Et puis on n’est pas des machines. Les règlements c’est bien mais il faut aussi des exceptions"

"ben la semaine dernière aussi il faisait froid et ça allait très bien, et si ça se trouve, la semaine prochaine il fera froid aussi…"

"ah ben ça t’en sais rien !"

Alors je sais que je parait dure, mais bon, faut pas déconner non plus. Je suis pas sans cœur, j’ai déjà fait des exceptions pour des étudiants malades, ou certains qui avaient une raison valable (genre infection urinaire). C’est déjà arrivé qu’on autorise à aller au toilettes plus tôt, mais plutôt 10 ou 15 minutes avant. Pas 45. Là c’est abusé. Et puis c’est un peu facile de me demander de les accompagner, alors que toutes les autres ont le cul vissé à leur fauteuil. Alors c’est sur que c’est pas marrant de faire des a/r aux chiottes, c’est mieux de lire son bouquin. Donc ça les arrangerait bien que je le fasse. Mais je vois pas pourquoi je serais la seule.

Et puis ça me fait bien marrer que ça vienne de Tatie Danielle. La femme qui gueulait comme un putois parce que des élèves avaient 3 minutes de retard et que c’était inadmissible. Qu’ils connaissaient le règlement et qu’ils avaient qu’à s’y plier. Qu’on leur laissait vraiment faire n’importe quoi. Par contre, qu’ils sortent avec 45 minutes d’avance ? Non ? Là ça la choque pas ? Ben voyons ! Faudrait savoir. Exception ou pas exception ? Quand ça l’arrange si je comprends bien…

10h05 : une étudiante se lève, et nous demande si elle peut aller se chercher un snack au distributeur en bas. Ben là, c’est pareil, normalement, elle a pas le droit. Mais Tatie Danielle m’a regardé, et puis s’est tournée vers l’élève et lui a dit que bien sur et qu’elle l’accompagnait. Pute.

10h20 : je pars dans la salle d’à côté relever ma collègue des tiers temps. En fait on discute dans le couloir, et elle me demande ce qui s’est passé dans mon amphi. Alors là, franchement, les bras m’en tombent. Mais vraiment. Je suis sur le cul. Tatie Danielle a réussi à se plaindre de moi aux autres !! Et elle a pas perdu de temps cette pute. Je raconte à la collègue ma version, et heureusement, elle me soutient !

10h30 : je reviens dans mon amphi. Trouvant toute cette histoire totalement hallucinante, je me dis que ça en ferait une très bonne histoire à raconter.

10h31 : je sors mon netbook de mon sac, et commence à écrire.

10h33 : une autre collègue, ressemblant fortement à Martine Aubry, aussi aimable et chaleureuse, lève enfin son cul de son fauteuil, et me fonce dessus. "les ordinateurs c’est interdit !!" WTF ??? "oui, si tu tapes, tu peux pas surveiller les étudiants !" (Si je tapes ? ça veut dire que regarder un film j’ai le droit ?) non mais j’hallucine là ou bien ? On me fait une blague c’est ça ? Depuis ce matin, en fait, c’est surprise sur prise ? Je ne vois pas d’autres explications à une matinée aussi merdique. Alors c’est vrai, je peux concevoir qu’un ordinateur ne soit pas autorisé mais 1/ elle peut le dire autrement et 2/ je suis une enfant de la technologie, ce qui veut dire que je sais taper sans regarder mon clavier, ni mon écran (ouais, je me la pète graaaave !). Et puis alors qu’on m’explique pourquoi les livres sont autorisés aussi. Parce que j’ai fait pas mal de surveillances où les surveillants ne levaient pas la tête de leur bouquin tellement ils étaient absorbés.

10h35 : j’ai écrit 5 phrases. Bon ben tant pis. Je ferme mon netbook et je le range.

10h36 : Martine Aubry retourne à ses mots fléchés. Et moi je fais plus rien… ah si, je surveille les étudiants. Qui travaillent. Si au moins ils pompaient ça me ferait de l’occupation. Même pas.

10h50 : je retourne relever ma collègue. Pendant qu’elle part se chercher un café, j’en profite pour lire les magazines qu’elle a laissé en faisant un gros bras d’honneur mental à Martine Aubry.

11h : je retourne dans mon amphi. Je remarque que Martine Aubry a commencé à discuter avec Tatie Danielle, qui est dos aux étudiants. Faut croire que ça, c’est autorisé. Ça doit être plus efficace pour surveiller que si elle avait un ordi…

12h30 : la surveillance est finie, je range vite mes affaires pour pouvoir partir au plus vite. Martine Aubry essaie de savoir qui passe devant l’accueil, comme ça on pourrait déposer les copies à sa place. Après un autre fuck mental, je ne répond pas et je me casse !

 

 

Sincèrement, je te dis pas comme j’ai été heureuse de me lever et de braver le froid pour une matinée pareille. Il me tarde tellement la prochaine surveillance pour recommencer !

 

Les lunettes, c’est pas un jouet. (et là tout de suite, j’ai envie de pleurer)

29 jan

Je passe sur le début de soirée qui a été tip top méga génial, et que je te raconterai plus en détail un peu plus tard. Genre quand j’aurai dormi. Et que je serai calmée. Parce que là y a un truc plus urgent que je veux te raconter. Oui, je sais, il est 2h08 et ça pourrait attendre demain, mais si je l’écris pas, ça va m’empêcher de dormir. Et on sait toutes les deux que chez moi le sommeil c’est primordial. Ni toi ni moi ne voudrions que demain je ne ressemble à rien faute de sommeil.

 

Bref, tout ça on s’en fout, je te raconte. Donc début de soirée super, et par hasard, je tombe sur 2 potes. 2 mecs que j’ai connu lors de mes études, avec qui j’avais bien accrochée, mais tu sais ce que c’est, les aléas de la vie, toussa toussa. Ce soir, ça devait faire plus d’1 an que je ne les avais pas vu. Donc forcément, je m’arrête et on commence à discuter. Ça se passe bien, et pote 1 m’invite à continuer la soirée avec eux. Ils doivent rejoindre la femme de pote 1 à une soirée à 3 rues de là, et m’entrainent avec eux. Je suis crevée, je n’ai qu’une envie, c’est d’aller me coucher, mais leur insistance, et l’envie de rattraper le temps perdu prennent le dessus et je les suis. Arrivée à la soirée, je réalise que mis à par eux deux, je ne connais absolument personne. Et que la timide que je suis évite ce genre de situation en général. Mais bon, trop tard, j’y suis, on verra bien. Je discute avec pote 2, qui ne connais pas beaucoup plus de monde que moi, quand tout à coup, pote 1 arrive et essaie de me prendre mes lunettes.

oui, j'en ai de plusieurs couleurs pour pouvoir les assortir à mes tenues. et le fluos, c'est pour les retrouver en toutes circonstances !

 

Alors il faut savoir que chez moi, les lunettes, c’est un énorme complexe. Je ne les assume pas du tout. je Je suis myope, mais genre beaucoup. n’y vois absolument rien. À plus de 20cm, j’y vois flou. Donc mettre mes lunettes, c’est le 1er truc que je fais le matin en me réveillant. Je suis pas encore sortie du lit que je les mets. Et pareil le soir, les sortir c’est le dernier truc que je fais avant d’éteindre la lumière. Avant j’avais des lentilles, mais je ne les supporte plus, donc suis obligée de mettre mes lunettes. Et franchement, ça me fait mal au c**. Mais vraiment. C’est réellement une souffrance chez moi de devoir sortir avec. Alors imagine quand quelqu’un essaie de me les prendre. Je suis mortifiée à l’idée qu’on puisse se rendre compte que je n’y vois rien. Et donc qu’on me fasse des réflexions à ce propos. Je sais c’est con, mais c’est du vécu.

 

Donc imagine ce soir quand pote 1 a commencer à me les sortir du nez. Mon réflexe a été de bloquer son geste parce que si t’as bien tout suivi, je ne supporte pas qu’on me les prenne. En fait, il fait le geste de les prendre, et en même temps, il me demande s’il peut le faire. Bien évidemment je lui répond non, mais il le fait quand même. Donc on engage un espèce de bras de fer, qui se solde par le cassage d’une des branches de ma monture. Lunettes immettables !

on va passer des radios pour être sur, mais ça m'a bien l'air cassé...

Bon ben tu devines, j’ai instantanément tiré une gueule de 3m de long, tout en essayant de gérer la panique qui est montée en moi. Réaction de pote 1 : me mettre la faute sur le dos, en me disant que j’avais qu’à le laisser les prendre. Quand j’ai tenté de lui expliquer qu’il me foutait dans la merde parce que j’en ai besoin, sa réponse a été de me dire que si j’étais pas contente, j’avais qu’à me casser. Ce que j’ai fait. Je l’ai regardé, et sans un mot, j’ai pris mon manteau, mon sac, et je suis partie. Sur le chemin jusqu’à ma voiture, il m’a envoyé 5 messages, les 5 mêmes, pour me dire que j’étais une truffe. Ben perso, je préfère être une truffe qu’un gros con.

 

Parce que lui ça le fait peut-être marrer, mais moi pas du tout. Parce que t’as compris que sans lunettes, je ne peux absolument rien faire : ni bosser, ni aller bosser, ni regarder la télé, ni cuisiner, ni être sur ordi, ni me balader, ni aller au ciné, rien. Le néant total. Et que c’est ma seule paire. Que lundi il va falloir que je prenne rendez-vous chez l’ophtalmo, et que j’en ai pour presque 1 an d’attente. Et que ces nouvelles lunettes, ben je sais pas comment je vais pouvoir les payer sans me prostituer. Et que ça me fait grave chier de passer un an avec des lunettes qui tiennent avec du scotch (enfin, si elles veulent bien tenir, ce qui n’est pas le cas pour l’instant) (ouais, pour le moment, j’ai qu’une branche) (donc elles sont bancales) .

 

En fait, je n’ai jamais compris l’intérêt des gens pour les lunettes. Pourquoi quand un "voyant" croise quelqu’un qui a des lunettes, il se sent obligé de lui prendre pour les essayer ? Est-ce qu’il le ferait pour un mec avec une prothèse auditive ? Ou quelqu’un avec une jambe en bois ? Non je ne pense pas. Alors pourquoi les lunettes ça serait différent ? Dans 95% des cas, ce n’est ni un accessoire de mode, ni une coquetterie. Si j’ai des lunettes, c’est pas pour faire style, je les déteste. C’est juste que j’en ai besoin et si je pouvais m’en passer, je le ferais avec plaisir, mais ce n’est pas le cas. C’est ma béquille à moi, et ce n’est pas un jouet.

 

Alors ouais, là tout de suite, j’ai envie de pleurer.

 

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